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Jouer en première division...et y rester

T.C., LUNDI 15 SEPTEMBRE 2014 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Pour une fois qu'une mesure pas trop stupide est en élaboration dans les bureaux lambrissés des ministères, il fallait que nous l'évoquions.

Après la loi HPST de 2009, le landernau de la santé s'était dit : ça y est, on va enfin regrouper les moyens, éparpillés comme nulle part ailleurs, des établissements de santé. A l'origine une idée somme toute raisonnable : fusionner progressivement les hôpitaux en commençant par le haut, c'est-à-dire leurs instances. Et en espérant que la suite logique serait la fusion définitive.

Que nenni brave lecteur : dans la plupart des cas, non seulement cela n'a servi qu'à multiplier les instances – le fameux mille-feuille administratif à l'échelon local -mais en plus les fusions effectives ont été peu nombreuses. Certes on peut citer des cas de réussite – tel l'hôpital de Chateaubriant – mais certains dossiers ressemblent furieusement à la Bérézina. C'est ainsi que la CHT Dinan-Saint-Malo-Cancale (un modèle de témoignage de l'imbécilité humaine) a usé plusieurs directeurs généraux, lâchés par le ministère autant que par leur ARS.

Haut les cœurs : HPST est en passe d'avoir vécu, GHT arrive. Fondamentalement rien de nouveau – une incitation à se regrouper et mutualiser les moyens – mais la grande différence, c'est l'incitation financière, ou plutôt les pénalités financières pour ceux qui ne le feront pas. C'est une bonne nouvelle : les énarques et autres bac + 8 qui nous dirigent viennent de réaliser ce que le bon sens paysan sait depuis des lustres : il faut taper là où cela fait mal, à savoir le porte-monnaie.

Certes la loi n'est encore qu'en projet, mais les conséquences sur les systèmes d'information vont être très intéressantes. Le regroupement acte que toutes les équipes DSI inférieures à  une certaine taille ne sont pas viables. Les pouvoirs publics semblent mettre la barre à 10 agents, soyons plus souple et disons qu'en-dessous de 5 une DSI n'a aucune raison de subsister et l'établissement doit fusionner son SI avec les voisins. La fusion du SI est un catalyseur redoutable : impossible de s'arrêter au SI dans beaucoup de cas, les fusions d'établissements suivront immanquablement.

Les établissements vont bientôt se diviser en deux catégories : ceux qui vont prendre le mouvement de regroupement en marche et pourront jouer dans la première division de la santé, et les autres.

Enfin, à moins que le projet de loi ne soit avorté : ce ne serait pas la première fois et il ne faut jamais sous-estimer la capacité de résistance des baronnies locales dans ce pays aux 300 fromages.

hpst, dsi