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Une certaine vision de l'hôpital numérique

DSIH,C.Cartau, LUNDI 06 OCTOBRE 2014 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Le CHU de Brest vient de mettre en place la prise de rendez-vous en ligne assortie du rappel par SMS du rendez-vous en question, 72h avant la date convenue. Et ceci est une vraie nouvelle : certes le rappel SMS a déjà été testé par le CH de Chambéry, mais à notre connaissance (et sous réserve) il s'agit du premier déploiement logiciel permettant à la fois la prise de rendez-vous en ligne, la confirmation par SMS et le rappel, également par SMS. De quoi réduire en partie le goulot d'étranglement et les pertes dans la « chaîne de production des actes », pour reprendre la théorie des contraintes de Goldratt.

Extrait de « Stratégies du système d'information : vers l'hôpital numérique », Cédric Cartau, Presses de l'EHESP, 2014.

« Historiquement, les compagnies aériennes sont certainement parmi les premières des entreprises à s'être attaqué au problèmes des files d'attentes pour l'embarquement : achat de billet, enregistrement des bagages, passage sous les portiques de sécurité : autant d'étapes qui rendaient il n'y a pas si longtemps encore le voyage en avion particulièrement pénible.

Il est actuellement possible d'acheter son billet depuis son domicile avec une simple connexion Internet. Il est également possible de procéder au pré enregistrement sur des bornes automatiques positionnées en frontal des comptoirs des compagnies. Seules subsistent l'étape de vérification de l'identité des passagers ainsi que le dépôt des bagages. Tout ce qui permettait de réduire ce goulot d'étranglement dans la « chaîne de traitement du passager » a ainsi été réalisé. La SNCF n'a pas procédé autrement en dématérialisant les billets de train, depuis l'achat en passant par l'échange et jusqu'au contrôle dans le compartiment. Idem pour les complexes de salles de cinéma, qui permettent depuis peu de réaliser l'achat des places depuis un simple smartphone connecté.

L'objectif poursuivi par toutes ces entreprises peut se résumer en une phrase : il s'agit d'éliminer les goulots d'étranglement dans la chaîne de traitement de l'usager, qu'il soit client, patient, administré ou autre.

L'hôpital numérique sera ou ne sera pas à l'aune de ce seul objectif : la réduction ou l'élimination des goulots d'étranglement dans la chaîne de traitement du patient. Pour tendre vers cet objectif, il ne faut pas raisonner en termes de numérisation, mais de connectivité : de la même manière que le complexe de cinéma a relié son système de vente de billets à l'Internet, l'hôpital doit connecter certains pans de son système d'information à l'extérieur. Ainsi tel hôpital, en envoyant des SMS sur les GSM des médecins de ville dès l'admission d'un patient, met concrètement en œuvre le paradigme de cette hyperconnectivité.

C'est en cela qu'il est plus juste de parler d'hôpital hyperconnecté (HHC). Une grande partie du SIH est déjà numérisée : imagerie médicale, laboratoires, etc. L'autre partie qui ne l'est pas est elle-même en train de le devenir : dossier numérique du patient, circuit du médicament, etc.

Le basculement ne se produira pas en numérisant à outrance – de toute manière c'est déjà ce qui est en train de se produire – mais en conférant une valeur ajoutée spécifique à cette numérisation : la disparition des goulots d'étranglement. »

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