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Les Big data … au risque de l’aliénation

DSIH, DL, LUNDI 09 MARS 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Depuis un an – et la publication de son premier livre (1) – Gilles Babinet ne s’est pas contenté de jouer les évangélistes du numérique auprès de la classe politique et des acteurs qu’il juge les plus concernés par les mutations à venir (ceux du secteur santé au premier chef). 

L’ancien président du Conseil national du numérique, aujourd’hui « Digital Champion » représentant la France auprès de la Commission européenne, a peaufiné un nouvel ouvrage pédagogique consacré aux big data (2).

Le multi-entrepreneur y développe des notions et éclairages abordés dans son ouvrage précédent. C’est particulièrement le cas au chapitre « santé » où l’on retrouve, bien qu’étayées, des convictions déjà exprimées. Il reconnait d’ailleurs que ce secteur fournit encore « peu de démonstrations évidentes et factuelles à base de Big data ». Ce qui n’amenuise pas pour autant leur potentiel et explique qu’il continue à nous annoncer « la fin du système de santé tel que nous le connaissons ». Les chapitres concernant l’agriculture et l’environnement, les villes et l’énergie, se révèlent, en revanche, beaucoup plus riches d’exemples concrets et qui donnent sérieusement matière à réflexion.

Car c’est bien là que ce livre prend tout son intérêt. Bien que signé d’un entrepreneur des big data (Gilles Babinet est co-fondateur de Captain Dash), il ne s’agit pas d’un panégyrique à courte vue. L’auteur ne souhaite rien de moins que nous inviter à nous poser des questions fondamentales face à l’émergence de la société des données : La propriété sera-t-elle toujours une valeur phare de la société de demain ? L’espace géographique sera-t-il toujours le fondement sur lequel s’appliquera le droit ? Les lieux de savoir vont-ils disparaitre ? Les systèmes politiques fondés sur la représentation auront-ils toujours un sens ?

Il nous convainc qu’il est temps de choisir : choisir de rester sous l’emprise de l’idéologie « californienne » et bientôt de celle du transhumanisme ; ou choisir la voie de ce qu’il appelle « la société de l’humanité », (…) « le choix d’une société qui réunifierait conscience et connaissance au détriment d’une société utilitariste ».

« Avoir des machines qui prédisent et organisent nos vies de façon remarquable, qui créent des sociétés humaines efficaces et cohérentes, est certes une tentation intéressante, mais si l’émergence de celles-ci doit se faire au prix d’une aliénation de notre liberté, et en fait, de notre humanité, c’est une question qui, a minima, mérite d’être débattue ».

(1)  L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité. Lire DSIH N°12, mai 2014.

(2)  Big data, penser l’homme et le monde autrement. Editions Le Passeur.

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