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Les terminaux pour les patients, la plaie des DSI

Cédric Cartau, MARDI 07 AVRIL 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

C'est un fait : les Directions des Systèmes d'information sont câblées et structurées pour gérer le parc informatique (PC, serveurs, logiciels) de l'établissement, point barre.

Cela se complique singulièrement dès lors que l'on souhaite connecter sur le réseau (LAN) les matériels des patients. Plusieurs cas d'usage existent : par exemple, au même titre qu'un établissement propose des services de téléphonie ou de télévision, beaucoup proposent également des connexions Wifi à l'instar des hôtels. Dans certaines unités telles que l'hématologie, il m'est arrivé par le passé d'accorder un accès Wifi exceptionnel (alors que l'offre de connexion institutionnelle n'existait pas encore) pour des patients en isolement pendant des mois, afin qu'ils puissent continuer de travailler à distance et ainsi ne pas perdre leur job.

Dans une brève récente, Ticsanté fait mention du projet réussi de « Docteur souris », une association dédiée aux enfants hospitalisés, qui a installé une centaine de PC au pôle mère-enfant du CHU de NANTES. Projet réussi peut-être, mais la brève passe sous silence les difficultés de connexion qui ont été rencontrées par les équipes informatiques.

Tout d'abord, il s'agit de connecter au LAN des matériels non maîtrisés par l'institution. Quid de l'antivirus, de la politique de mise à jour de patches, etc. ? Quid de l'isolation par rapport au reste du réseau de production. Fort heureusement les VLAN travaillent pour nous et c'est par là que nous sommes passés. Mais immanquablement l'association réclame un accès Internet, et là ça se gâte. Certes le VLAN peut être connecté au pare-feu de façon spécifique, mais la difficulté est ailleurs.

D'abord, dans la plupart des cas, la politique de filtrage internet appliquée à ce VLAN sera la même que pour le reste du personnel, et il est quelquefois difficile d'expliquer que les patients n'auront pas accès à tel site de streaming ou de téléchargement au motif que le reste du personnel n'y a pas accès non plus. Mais surtout, la loi Hadopi impose de tracer nominativement toutes les connexions, ce qui suppose une attribution de login gérée à la main et tracée dans un cahier. Le personnel opine du chef quand on lui pose ce genre de contraintes, mais ne nous leurrons pas : dans 6 ou 8 mois elle sera passée à la trappe.

Récemment, le député Thierry Mariani, en visite en Corée du Sud, s'émerveillait de la facilité de connexion au Wifi dans ce pays et twittait même sur son compte personnel :

Wifi en libre accès dans tous les lieux publics. En France, quand le wifi existe, tu dois demander le mot de passe. Et si on faisait simple ?

Et les journalistes de lui rappeler que ceci est la conséquence de la loi Hadopi, qu'il a lui-même votée !

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