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En direct du MiPih : GHT, l’obligé volontaire ou la volonté obligatoire ?

DSIH, Damien Dubois, VENDREDI 01 AVRIL 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Jusqu’à la loi de santé 2016, la coopération interhospitalière était basée sur le volontariat et la motivation des responsables hospitaliers quant à la création d’une dynamique collaborative. Aujourd’hui, les GHT deviennent obligatoires. Mais avec quelle marge de manœuvre ? Extraits des échanges aux Journées du MiPih.

Les GHT remplacent les Communautés hospitalières de territoire. Une des principales différences avec les CHT est que la coopération devient obligatoire. D’ailleurs, la convention constitutive ne prévoit pas de sortie, d’hypothèse de résiliation. Face à cette translation de la coopération volontaire à la coopération obligatoire, le plan d’action repose sur deux volets.

Les questions liées aux outils à mettre en place (SI et système d’achat communs) sont posées. Si chacun s’accorde à dire qu’il faut converger vers des outils communs, la méthode et les choix stratégiques entre les partisans d’un modèle unique, ceux qui sont favorables à plus d’interopérabilité et quelques résistants au changement font débat. En tout cas, les possibilités techniques existent.

La question semble plus délicate sur le volet humain du plan d’action. En effet, pour la totalité des intervenants, institutionnels et hospitaliers, l’enjeu est d’abord culturel et managérial. La principale question des acteurs de terrain est de savoir « qui va manger qui » ? Et de comprendre quelles seront les évolutions des statuts et des responsabilités, notamment des Directions de l’information médicale. La clé semble donc être la coconstruction.

L’Alsace n’a d’ailleurs pas attendu la création des GHT pour cocréer le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse & Sud Alsace. « Une implication sans réserve de tous les métiers a été nécessaire », explique Frédérique Tresch, directrice des services logistiques. Après la création d’un comité médical commun, le choix s’est orienté vers une fusion. « Il nous est vite apparu qu’il ne pouvait y avoir cinq pilotes. » Aujourd’hui, les systèmes d’information et d’achat sont homogénéisés et standardisés. Certaines missions sont centralisées, d’autres non.

Autre exemple, en Garonne, où un groupement pharmaceutique, géré par le Dr Loïc Rolland, pharmacien au CH de Cahors, centralise les achats de 50 établissements depuis dix ans. « Nous avons mutualisé les achats des produits de santé. Nous sommes passés d’un catalogue commun à un livret thérapeutique régional. Nous sommes prêts au passage en GHT », explique-t-il.

La question de la mutualisation des équipes est une crainte des professionnels. « Quand nous avons démarré ce rapprochement, il y avait 0 temps de validation pour un pharmacien hospitalier. Aujourd’hui c’est une activité chronophage. Le travail en collaboration a libéré du temps de gestion et nous a permis de nous reconcentrer sur notre travail de pharmacien », conclut-il

Les solutions existent donc, surtout quand elles viennent du terrain. Pour Laurent Raisin-Dadre, chargé de mission à l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône, « l’existence d’un cadre est indispensable, mais le texte ne doit pas régir chaque détail des collaborations. Il doit laisser une place aux particularités et aux initiatives du terrain ».


Les Journées MiPih 2016 se sont tenues les 30 et 31 mars à Biarritz sur le thème « Groupement hospitalier de territoire : La coopération obligatoire mais nécessaire ». Cette coopération interhospitalière est le principe fondateur du GIP MiPih. Depuis 21 ans, il met en œuvre des mécanismes de mutualisation, de partage et d’échange pour garantir un maillage dynamique entre les établissements de santé et les partenaires institutionnels.

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