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En direct du MiPih : GHT et environnement médico-économique

DSIH, Damien Dubois, VENDREDI 01 AVRIL 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Les Groupements hospitaliers de territoire vont devoir s’ouvrir à leur environnement médico-économique et à l’ensemble des propositions de soins de leur secteur. Comment collaborer avec la médecine générale, la santé mentale ou encore les centres de cancérologie ? Échanges.

 

Les CHT (Communautés hospitalières de territoire) étaient conçues comme des ensembles fermés, limités à l’hospitalisation publique. À l’inverse, dans une logique de parcours de soins et de prise en charge globale, les GHT ont vocation à s’ouvrir pour favoriser les partenariats et s’associer avec les acteurs de soin, hors MCO(1), ou l’hospitalisation privée.

Filières et parcours

La logique de filière et de parcours de soins force les groupements hospitaliers à pousser les murs « dans un principe de complémentarité, d’échange et de coconstruction,explique Catherine Geindre, DG de l’AP-HM(2). Les SI et les outils communs seront des leviers pour amener à discuter et amorcer une démarche partagée, sans nier les contraintes techniques ».

Cette question préoccupe Jean-François Goglin, conseiller national SI Santé à la FEHAP(3) : « Les SI vont être le grain de sable des GHT. Si le rapprochement des SI est plébiscité par tous, la solution n’est pas d’aboutir à une brique unique, mais de gagner la bataille de l’interopérabilité en faisant cohabiter des systèmes grâce, par exemple, à des plateformes d’intermédiation. »

Médecine libérale et hospitalisation privée

Pousser les murs n’est pas naturel pour tous, d’autant que selon le Dr Maurice Bensoussan, président de l’URPS(4) Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, « les GHT sont hospitalo-centrés, et surtout publics, dans la mesure où l’hospitalisation privée n’est qu’associée ». Or,l’un des enjeux consiste à conserver la liberté de choix à l’heure où l’ambulatoire déplace la médecine hors de l’hôpital. La solution passera aussi par la création et/ou le développement d’outils simples et pratiques, notamment entre les centres de soins et la ville.

HAD

Dans ce paysage, l’hospitalisation à domicile est un cas particulier. La FEHAP regroupe des établissements de statut privé ou public. L’HAD collabore avec tous les acteurs et doit donc s’inscrire dans ce parcours coordonné. La FEHAP est en attente de discussions par filière pour aligner l’offre de soins. Par exemple, il existe déjà des conventions pour la chimiothérapie à domicile. Les GHT doivent en conséquence prendre en compte et intégrer les conventions préexistantes.

Cancérologie

La prise en charge des cancers est elle aussi une spécificité avec les centres de lutte contre le cancer qui ont un statut privé à but non lucratif. L’évolution vers une chronicisation de nombreux cancers et l’augmentation de la prise en charge ambulatoire poussent à encore plus de décloisonnement. Dans la dynamique des GHT, ils pourront s’inscrire dans des « conventions d’association avec des débats sur les projets médicaux partagés pour se positionner en termes de recours »,explique Christian Fillatreau, DGA de l’Institut Bergonié de Bordeaux. Face aux GHT, ils se retrouvent dans une position « dedans/dehors ». Les centres représentent souvent déjà une activité de recours et d’innovation au sein de leur région. La stratégie de positionnement a donc davantage lieu sur le plan régional. « Ensuite, nous nous adresserons aux GHT, aux CHU, pour leur faire une offre de collaboration plus forte », poursuit-il. 

Santé mentale

Dernier exemple de dedans/dehors : la santé mentale. Pour Catherine Pasquet, directrice de l’EPSM(5) Gérard-Marchant de Toulouse, « la psychiatrie ne se retrouve pas dans les GHT tels qu’ils ont été pensés. Il s’agit cependant de centres hospitaliers, et ils doivent participer à la stratégie de groupe ». Certaines rationalisations peuvent leur être profitables. « Nous avons demandé certaines garanties avant d’intégrer des GHT », souligne-t-elle.Par ailleurs, la loi de santé, dans son article 69, crée les Communautés psychiatriques de territoire, pour rapprocher les centres de soins psychiatriques d’une région. Selon Catherine Pasquet, « elles peuvent être vues comme une première étape de collaboration ».


Les Journées MiPih 2016 se sont tenues les 30 et 31 mars à Biarritz sur le thème « Groupement Hospitalier de Territoire : La Coopération obligatoire mais nécessaire ».Cette coopération interhospitalière est le principe fondateur du GIP MiPih. Depuis 21 ans, il met en œuvre des mécanismes de mutualisation, de partage et d’échange pour garantir un maillage dynamique entre les établissements de santé et les partenaires institutionnels

(1) Médecine, chirurgie, obstétrique.

(2) Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.

(3) Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne.

(4) Union régionale des professionnels de santé – médecins libéraux.

(5) Établissement public de santé mentale.

mipih, hospitaliers, médecine