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Belgique : tester la santé connectée en environnement réel

DSIH, @lehalle, MARDI 31 MAI 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Brieuc Van Damme, chef de cabinet adjoint de la ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique, a détaillé les orientations récemment arrêtées par la Belgique en termes d’e-santé. Propos captés lors de Doctors 2.0 § You.

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« La Belgique veut occuper une place de leader », annonce Brieuc Van Damme, chef de cabinet adjoint de la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block. Invité par Denise Silber à exposer les projets de son pays en matière de santé connectée, à l’occasion de l’édition 2016 de Doctors 2.0 § You (1), le jeune économiste a énuméré les atouts sur lesquels repose sa stratégie.

Brieuc Van Damme a commencé par rappeler l’existence d’un plan d’action ambitieux, Digital Belgium, destiné à améliorer la position de la Belgique dans le domaine du numérique. Quelques objectifs en témoignent : « Notre pays doit pouvoir atteindre, pour l’horizon 2020, le top 3 du numérique dans le classement Digital Economy and Society Index [l’indice européen relatif à l’économie et à la société numériques], 1 000 nouvelles start-up devraient voir le jour et la révolution numérique devrait créer 50 000 nouveaux emploisdans tout un éventail de secteurs », affirme Alexander De Croo, vice-Premier ministre et ministre de l’Agenda numérique, auprès duquel le chef de cabinet a fait ses classes.

Mesures fiscales

Le pays a récemment adopté trois mesures importantes en ce sens, a expliqué Brieuc Van Damme : une incitation fiscale aux investisseurs, une simplification fiscale à l’intention des acteurs de l’économie collaborative (2) et une stratégie d’ouverture des données publiques par défaut.

Pour ce qui concerne le secteur de l’e-santé, il a tenu à donner deux exemples prometteurs : miLab et Cubigo. C’est un centre international de recherche en nanotechnologies basé à Louvain, Imec, qui a lancé miLab, ce projet porteur d’innovation de rupture dans le monde de la biologie. Il vise à développer un minilaboratoire d’analyses médicales dans une puce, sur un appareil comparable à une montre intelligente. Objectif : réaliser des examens moins coûteux et plus rapides. Un concurrent de Theranos en quelque sorte, le scandale en moins (3) ! Cubigo désigne quant à lui une plateforme qui regroupe des solutions facilitant le maintien à domicile et l’autonomie. Son concepteur a été distingué parmi les « Innovators Under 35 » de MIT Technology Review.

Appel à projets en santé mobile

Désireux de soutenir les initiatives en santé mobile et, surtout, de contribuer à valider leur pertinence, voire à identifier les dispositifs dignes d’être remboursés, les pouvoirs publics vont lancer en juillet un appel à projets dont la finalité est de tester des apps en environnement réel. Il sera doté de 3 millions d’euros. La sélection est prévue pour octobre, et le démarrage des tests pour janvier.

Deuxième axe d’évolution souligné par Brieuc Van Damme : l’authentification des patients dans le cadre des activités de télémédecine avec la conception d’un système qui peut offrir « le maximum de sécurité et le minimum de barrières à l’entrée », promet-il.

Si la stratégie numérique de santé est guidée par les besoins des patients, le « business » et les start-up ne sont pas pour autant oubliés. Les entreprises vont bénéficier d’un point d’entrée unique pour la santé connectée, une plateforme centralisée de contacts et de conseils.

Une démonstration de dynamisme convaincante ! 


(1)  http://www.doctors20.com

(2)  Les taxes seront prélevées à la source et les plateformes numériques transmettront les informations au fisc de la même façon que le font les employeurs pour les travailleurs.

(3)  La société américaine Theranos, qui annonçait une plateforme de tests sanguins « révolutionnaire », a dû récemment avouer que ses tests n’étaient pas valables.

santé connectée, numérique