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Télémédecine en ophtalmologie, un projet d’envergure lancé par l’AP-HP

DSIH, Bernard B, LUNDI 22 AOûT 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Le premier groupement hospitalier d’Europe lance un système innovant de télémédecine en ophtalmologie. Le projet labellisé par deux pôles de compétitivité a fait l’objet d’un cofinancement de l’État avoisinant les 2 millions d’euros.

Le projet RetinOpTIC vise à concevoir un dispositif médical portable d’imagerie numérique de la rétine, moins cher que les appareils du marché, délivrant une qualité d’image équivalente et utilisable par des non-spécialistes. Ce dispositif proposera des services en Software as a Service (SaaS) afin de permettre un dépistage massif de la rétinopathie diabétique, de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et d’autres pathologies comme le glaucome.

Un système portable d’imagerie numérique pour un dépistage de masse

La rétinopathie diabétique constitue la principale cause de malvoyance parmi la population en âge de travailler dans les pays développés. Selon l’OMS, elle affecte 347 millions de personnes dans le monde dont 4 millions en France. Pour sa part, la dégénérescence maculaire liée à l’âge concerne 12 % de la population mondiale entre 65 ans et 75 ans. Face à ces enjeux sanitaires, le projet RetinOpTIC développe un système complet basé sur des nouveaux algorithmes de traitement d’images exécutables dans des serveurs. Il s’agit de faire face au dépistage massif des affections de l’œil ainsi qu’à l’insuffisance d’ophtalmologues en France. Comment ça marche ? Dès la prise de vue réalisée en quelques secondes, le système générera instantanément un compte rendu indiquant si une anomalie a été détectée, avec indication du degré de confiance associé. Il invitera les patients à consulter un ophtalmologue dans les cas douteux ou avérés, avec indication du degré d’urgence.

Un coût pour l’État de 1,8 million d’euros

Le projet colabellisé par les pôles de compétitivité Medicen et Systematic a été retenu dans le cadre du 19e appel à projets du Fonds unique interministériel. L’État, via BPI France, a apporté 1,8 million d’euros sur un budget global de 4 millions d’euros. Le consortium comprend l’AP-HP, l’entreprise Degetel, Effilux, une société réalisant les systèmes d’éclairage LED, les écoles ParisTech et Mines ParisTech de l’Institut des sciences et technologies de Paris, l’école d’ingénieur Télécom Bretagne, l’Institut d’optique Graduate School ainsi que les éditeurs informatiques Evolucare et ADCIS. Degetel, chef de file du consortium et intégrateur des contributions techniques tierces au sein des systèmes complexes, déploiera sa plateforme d’objets connectés (IoT) permettant d’apporter aux cliniciens des informations destinées à affiner leur diagnostic. Cette plateforme aura la tâche de récupérer les données brutes de tous les dispositifs médicaux tiers ou de toutes les bases de données externes par des moyens de communication conformes aux standards utilisés. Le projet s’étalera sur trois ans, de 2016 à 2018.

télémédecine, hospitalier, numérique