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HIMSS : synthèse et état des lieux. Partie I

Cédric Cartau, LUNDI 21 NOVEMBRE 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Après avoir, pendant des années, refusé d’intégrer le modèle HIMSS – ce que pourtant tous les pays industrialisés faisaient depuis belle lurette –, le monde de la santé en France commence enfin à adopter cette démarche. Synthèse et état des lieux.

HIMSS (Healthcare Information and Management Systems Society) est une organisation à but non lucrative créée en 1961 et située à Chicago faisant la promotion d’un modèle d’informatisation qui peut être vu sous deux angles distincts : soit comme une échelle d’appréciation de la maturité de l’IT au sein d’un établissement de santé, soit comme un métaguide spécifiant par quoi il faut commencer et par quoi il faut terminer pour passer du degré zéro d’informatisation d’un hôpital (tout papier) au degré ultime du tout-numérique. 

Le modèle[1] découpe les stades d’informatisation en huit étapes (stages) : du 0 au 7. Au stage 0, tout est papier, au stage 7 tout est numérique, et pas seulement, comme nous le verrons plus bas. Les stages sont de plus cumulatifs : pour prétendre « émarger » au stage 4, il faut non seulement avoir rempli tous les critères des stages 0 à 3, mais satisfaire en outre aux critères du stage 4. Pour terminer sur les généralités, il faut aussi savoir qu’il existe deux modèles : celui dédié au continent nord-américain (US et Canada), et celui dédié à l’Europe[2]. Les deux modèles diffèrent légèrement : par exemple, le modèle européen dédie le stage 5 au Pacs, alors que le modèle US consacre le même stage au circuit du médicament. Au final, la somme des items décrits est identique à quelques nuances près. 

Le premier élément frappant lorsque l’on examine en détail le descriptif des stages est qu’ils ne concernent que l’informatique du cœur de métier, à savoir le soin. Nulle part dans le modèle, on ne trouve d’éléments concernant la facturation, le système d’informatisation décisionnel financier ou les statistiques relatives à l’emploi et à la masse salariale. Alors que bon nombre d’établissements en France ne sont pas complètement équipés de ces éléments (il suffit de regarder les domaines éligibles du programme Hôpital numérique : le cinquième est dédié aux indicateurs médico-économiques, preuve qu’ils ne sont pas présents partout), il semble que le modèle HIMSS considère que cette question est réglée, point barre. Également, les éléments de logistique et de programmation de l’agenda de soins sont absents du modèle HIMSS (alors qu’ils font encore l’objet du domaine éligible n° 4).

Le deuxième élément qui frappe ensuite, c’est la présence à trois endroits au moins (stages 2, 4 et 7 dans le modèle Europe) d’outils d’aide à la décision, tant pour les détections rudimentaires de conflit que pour les aides à l’analyse de protocoles. Pour être très impartial, s’il existe des établissements en France qui ont implémenté ces trois outils, je ne les connais pas.

Enfin, le site Himss Analytics donne des statistiques pour les États-Unis et l’Europe sur le pourcentage d’établissements à chaque stade. Le gros du troupeau (environ 35 % des structures) en est au stage 5, et plus de 4 % au stage 7.

À suivre…


[1] http://www.himssanalytics.org/ 

[2] http://www.himss.eu

himss, numérique