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Scénario(s) catastrophe(s) au sein du SIH

Charles Blanc-Rolin , MERCREDI 08 MARS 2017 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Début février, un hôpital breton a connu trois jours cauchemardesques pour tout informaticien hospitalier. Site Internet défiguré, dossiers patients dérobés, dont celui d’un VIP qui a fuité sur Twitter, réseau Wifi assailli, dispositifs médicaux menacés et déclenchement du plan blanc.Heureusement pour cette fois, il ne s’agissait que d’un exercice, mais la menace est bien réelle !

Ce scénario catastrophe a été imaginé par les enseignants de l’Ecole nationale supérieure de Vannes, en collaboration avec le centre hospitalier de Bretagne Sud, l’ARS et le Ministère.
Son but : mettre en situation les « Ghostbusters » de demain, futurs ingénieurs en cyberdéfense.
Ils ont été malmenés pendant 72 heures par leurs professeurs qui n’ont pas lésiné sur les attaques !
Les étudiants étaient même équipés de capteurs afin d’évaluer leur niveau de stress face à cette situation de crise éprouvante, exemple type de situation qu’ils devront bientôt gérer au quotidien.

Des élèves formés à un haut niveau de technicité, mais également au droit et à l’éthique qui représentent un tiers de cette formation unique en France.

Comme le rappelle cet article du magazine Le Parisien, même s’il reste difficilement pensable que toutes ces attaques puissent être lancées dans un laps de temps aussi court, elles restent toutes plausibles et ont déjà été subies individuellement par des établissements de santé.

Personnellement, ce récit m’a donnée envie de retourner à l’école !

Scénario tout aussi catastrophique, mais bien réel cette fois-ci (c’est du vécu), si ça peut inspirer certains enseignants, c’est ça aussi la sécurité, même si on l’oublie parfois :
Vendredi, 16H45, un serveur ESX s’arrête sans aucun impact pour les utilisateurs (merci la fonction de haute disponibilité). Nicolas et moi nous rendons donc dans la salle à la recherche de la panne, un bruit assourdissant, une porte brulante et un thermomètre qui affiche 43° !

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Plus de climatisation dans la salle, l’agent d’astreinte en charge de la surveillance de la GTC a fait l’impasse sur l’alarme « seuil de température dépassé » reçue sur son téléphone. Appel à notre ami électricien : « Sylvain, récupères vite des clim portatives et appelle la société en charge de la maintenance des clim ». On perd rapidement 10°, mais c’est insuffisant pour la pérennité du système, 19H30, le technicien arrive enfin, 20H00 le verdict tombe, on ne pourra pas réparer avant lundi. Dans notre malheur nous avons de la chance, nous sommes en hiver, il fait froid. Alors au grand maux les grands remèdes, page 42 de la PSSI [1], appliquons le plan B du PCA [2] : « Sylvain, tu as ton pied de biche ? Feu vert, tu peux casser la fenêtre ! ».

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20H30 : rapport à l’administrateur de garde, 21H00, nous avons bien mérité de partir en week-end…

 


[1] Politique de sécurité des systèmes d’information

[2] Plan de continuité d’activité

hospitalier, dispositifs médicaux, sécurité


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