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Intelligence artificielle, une révolution douce à l’hôpital (Communiqué)

PG Promotion, LUNDI 19 FéVRIER 2018 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Depuis les années 2010, l’intelligence artificielle est en plein essor. Les établissements de soins s’emparent du sujet même si les logiciels et robots « intelligents » n’ont, pour l’heure, fait qu’une entrée timide en leur sein. Démonstration, exemples de l’AP-HP et du CHU de Nantes à l’appui.  

Un « robot conversationnel » (ou « chatbot ») capable d’échanger par SMS avec les patients avant et après leur hospitalisation en ambulatoire ? C’est le pari de l’AP-HP, qui entend, d’ici 2019, équiper ses vingt-trois unités de chirurgie ambulatoire. En cas de réponse alarmante ou incohérente des patients, les équipes soignantes, prévenues, peuvent consulter les échanges via une plate-forme sécurisée et, au besoin, contacter les patients par téléphone. Testée à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, cette méthode « a démontré son efficacité » comparée à un suivi téléphonique traditionnel, pointe l’AP-HP. Les consignes préopératoires sont en effet « mieux observées » et les retards des patients supérieurs à trente minutes « divisés par dix », détaille-t-elle, citant une étude parue en 2016 dans la revue du Praticien en anesthésie-réanimation. De quoi améliorer la prise en charge des patients et, potentiellement, l’organisation des services hospitaliers concernés.

De nombreuses perspectives

Dans la pratique, les outils reposant sur l’Intelligence artificielle (IA), loin d’être tous arrivés à maturité, n’en sont qu’à leurs balbutiements dans les établissements de soins.Il s’agit, pour l’heure, de systèmes d’alerte lorsque deux médicaments incompatibles sont prescrits au même patient, d’outils de reconnaissance vocale, de logiciels d’aide au diagnostic en radiologie ou encore de robots autonomes capables d’acheminer seul du petit matériel jusqu’en salle de stérilisation.

Les perspectives sont toutefois vastes. Les « logiciels intelligents » ont le potentiel de faire gagner du temps aux équipes techniques, administratives et médicales. « Nous avons un projet d’optimisation du codage de l’activité de l’hôpital », explique ainsi Pierrick Martin, Directeur adjointau sein de la direction des services numériques du CHU de Nantes. L’objectif est de mettre au point un logiciel capable de faire des propositions automatiques de codage PMSI. Le CHU est également intéressé par le principe d’une maintenance de ses locaux et équipements assistée par ordinateur : « L’intelligence artificielle nous permettrait d’optimiser nos interventions préventives et curatives », suggère Pierrick Martin.

L’AP-HP a, quant à elle, mis en place « un entrepôt de données de santé » qui permet, « dans des conditions contrôlées », d’utiliser un certain nombre dedonnées (médico-économiques, pharmaceutiques etc.) pour « développer et tester des algorithmes d’intelligence artificielle ». Et ce, à des fins de recherche et d’amélioration des soins. L’exploitation de données cliniques à l’aide d’algorithmes pourrait également, à terme, permettre le déploiement de « services de prévention personnalisée ». Ce qui supposera vraisemblablement le recrutement de nouveaux profils de type data scientists.

L’hôpital numérique du futur 

Pour encourager le développement d’outils perfectionnés et fiables, l’AP-HP et le CHU de Nantes ont lancé conjointement, en 2017, un « appel à manifestation d’intérêt sur l’hôpital numérique du futur » et ont sélectionné quinze projets qu’ils soutiendront. Certains font appel à l’intelligence artificielle, comme la création d’un double numérique de l’hôpital, « véritable maquette numérique et dynamique permettant de simuler les flux de patients dans l’hôpital réel, dans l’ensemble d’un bâtiment, ou au niveau d’un étage, d’un service ou d’une salle particulière ». Autre projet : la mise au point d’uncompagnon numérique « multi-sensoriel et polyvalent, pouvant interagir, comprendre, anticiper et, dans une certaine mesure, répondre aux besoins et aux attentes du patient sur des questions relatives à sa sécurité physique, son bien-être psycho-physique, ses questionnements relatifs à son séjour en hôpital et son état de santé ».

Le secteur de la santé devrait ainsi considérablement évoluer dans les années à venir. Et ce, d’autant plus que de nombreuses entreprises, qu’il s’agisse des géants du numérique (les Américains Google, Facebook, Microsoft et IBM, le Chinois Baidu…) ou de start-ups, s’emparent du sujet pour identifier les signes de dégénérescence oculaires par simple « balayage » numérique de l’œil ou encore, détecter des cas de tuberculose à partir d'images radiologiques etc.

Autant d’innovations dont les visiteurs de la prochaine Paris Healthcare Week auront un avant-goût et pourront en mesurer les opportunités qu’elles augurent.

Retrouvez l’article sur le blog de la Paris Healthcare Week.

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