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IA et données de santé : les pistes ambitieuses du rapport Villani

DSIH, DL, MARDI 27 MARS 2018 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Chargé d’une mission de réflexion sur le développement stratégique de l’intelligence artificielle (IA), le mathématicien – médaillé Fields -, et député LREM, Cédric Villani remettra son rapport final au gouvernement le 29 mars.

Son groupe de travail aura auditionné plus de 350 personnes sur les six derniers mois. Un rapport d’étape, présenté fin novembre, avait précisé la philosophie de ces travaux : accompagner le développement d’une IA respectueuse de la dignité de la personne, et qui ne creuse pas les inégalités, porter ses enjeux sur la place publique, et faire des suggestions opérationnelles à l'État pour une feuille de route concrète et financée.
Le Collège de France accueillera, le matin même, un sommet de l’IA (1) rassemblant chercheurs les plus en vue et ministres autour d’une dizaine de thématiques. Le traitement de la « Santé intelligente » a été confié à Ran Balicer, directeur du Clalit Research Institute, laboratoire de recherche financé par l’un des groupes intégrés de santé majeurs en Israël, le Clalit Health Services.
La veille, un dîner organisé par l'Elysée aura réuni, selon La Lettre A, de célèbres entrepreneurs (Demis Hassabis par exemple) et investisseurs autour de cerveaux français et internationaux renommés (Marie-Paule Cani, Stéphane Mallat, Cathy O’Neil…).

Hospital as a Platform

Les pistes du chapitre concernant l’IA en santé ont fait l’objet d’une première version du rapport, développées sur 8 pages et révélées par la société Tripalio (2). Elles portent notamment sur les données de santé : « la captation, structuration et annotation des données produites dans le cadre du suivi du patient », mais aussi, « la mise en place de systèmes adaptés aux usages liés à l’IA visant à plateformiser le domaine », de même que « des procédures d’accès aux données plus fluides et un cadre pour expérimenter en conditions réelles les solutions émergentes. »
Pour les rapporteurs, la France doit donc « se doter de nouvelles infrastructures d’information » si elle veut développer le potentiel de l’IA en santé. En clair, elle devrait créer une « plateforme de mutualisation des données […] ayant vocation à se substituer à terme au SNDS (3) », l’Etat étant chargé d’en organiser l’accès, « en tant que tiers de confiance ».
Côté hôpital, cette proposition prend la forme du concept Hospital as a Platform, les établissements étant incités à organiser des projets collaboratifs et challenges autour de leurs jeux de données, voire à monétiser certains services, tels que l’entraînement des IA sur ces bases de données. Côté DMP, elle appelle à imaginer « une architecture technique compatible avec les usages de recherche et d’innovation ».
Rendez-vous le 29 mars pour savoir si les pouvoirs publics sont prêts à bousculer l’existant… ou pas ! 


(1)  http://evenement-ia.evenement.bercy.gouv.fr/pro/fiche/quest.jsp;jsessionid=ULMM-gsSx6gSt7-rNO!uiax7.gl1?pg=580894

(2)  https://www.slideshare.net/ParmenideInnovation/intelligence-artificielle-ia-en-sant-rapport-villani 

(3)  Système national des données de santé

données de santé