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La parole à… Christine Pichon, DSI du GHT de Haute-Bretagne

DSIH, Propos recueillis par Pierre Derrouch, MARDI 26 JUIN 2018 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Passionnée par le secteur de la santé et les innovations technologiques qui s’y rapportent, depuis sept ans RSI puis DSI du CHU de Rennes, Christine Pichon a récemment pris la tête de la DSI du GHT de Haute-Bretagne. Comment voit-elle sa nouvelle mission ? DSIHlui a donné la parole.

DSIH : Qu’est-ce qui vous a motivée pour occuper la fonction de DSI de GHT ?

Christine_PichonChristine Pichon : J’avais envie de bâtir quelque chose qui n’existe pas au service du parcours de soins dans le bassin de vie des patients et surtout participer à la mise en place du continuum de la prise en charge qui reste une véritable gageure à l’aube des GHT.

Quelles sont vos priorités ?

L’identité unique du patient, la cellule d’identitovigilance territoriale afin de permettre l’échange et le partage d’informations, la télémédecine au cœur de la prise en charge territoriale et un écosystème simple et partagé autour de l’imagerie du territoire et de la région pour le recours : telles sont les priorités pour le GHT de Haute-Bretagne.

Quelle est votre vision de DSI à cinq ans et à dix ans ?

À cinq ans, la DSI sera en mode service, avec des process certifiés pour une nécessaire montée en qualité permettant de choisir ce qui doit être internalisé ou non. Cela apportera de l’agilité. Nous devrions aussi disposer d’une cellule d’innovation pour accompagner la mutation des métiers, tant médicaux que non médicaux.
À dix ans, nous aurons affaire à des éditeurs du monde de la santé enfin matures et plus concentrés, permettant aux DSI hospitalières de se focaliser sur la valeur utilisateur du SI. Nous aurons également mis en place un laboratoire d’idées avec une équipe de chefs de projets capables d’anticiper l’expérience utilisateur qui joueront la complémentarité avec l’intelligence artificielle et l’exploitation des données massives de santé. Ces acteurs agiles seront à même d’accompagner les professionnels au changement, les opérations de maintien en conditions opérationnelles étant massifiées dans des centres de service dédiés santé, soit au sein des CHU qui en auront fait le choix, soit chez des spécialistes de cette offre santé.
Toutes ces évolutions seront accompagnées des fondamentaux juridiques et de sécurité, deux aspects qui prendront vraisemblablement une place prépondérante.

Quels obstacles organisationnels, techniques, humains, financiers, etc. à la réalisation de vos projets avez-vous identifiés ?

La couverture fonctionnelle des SI hospitaliers ne cesse d’augmenter sans que les ressources affectées à leur maintenance croissent au même rythme. Il nous faut donc imaginer de nouvelles organisations pour mener de front la transition numérique de tous les process de l’hôpital et leur fonctionnement sans faille, 7 jours sur 7 et 365 jours dans l’année.
Par ailleurs, les certifications qualité issues du monde de l’industrie et des services vont faire changer de paradigme les DSI hospitalières. Il va falloir accompagner ce changement profond afin qu’il ne soit pas seulement perçu comme une contrainte, mais comme un levier de progrès.
Enfin, le financement à hauteur des ambitions affichées reste un point de vigilance majeur, tout comme la disponibilité de compétences orientées métiers.

Sur quels leviers financiers pouvez-vous vous appuyer ?

Nous comptons sur les différents appels à projets de la DGOS et de l’ARS Bretagne.

Qu’attendez-vous des fournisseurs pour réussir la convergence des SIH ?

Nous attendons un système ouvert via des API normalisées, des coûts soutenables pour les établissements de santé ainsi que des solutions scalables, agiles, ergonomiques et maintenables à coûts maîtrisés.

En un mot, comment définiriez-vous la fonction de DSI de GHT ?

Les DSI de GHT doivent être des guides tenaces.

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