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Dépister les cancers post-traitements

DSIH, Damien Dubois, MARDI 04 DéCEMBRE 2018 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Les 11es Rencontres de la cancérologie française se sont tenues fin novembre. Leprix de la cancérologie connectée 2018 a récompensé un programme de dépistage des cancers consécutifs au traitement d’un cancer pédiatrique.

Le prix de la cancérologie connectée, remis lors des Rencontres de la cancérologie française, met en avant des initiatives venant de start-up ou d’associations de patients. Chacun des huit candidats « pitche » son projet sur le plateau télé de la manifestation. « Il s’agit de valoriser le dynamisme de la santé connectée dans le domaine de la cancérologie »,explique Jean-Eudes Mory, membre du jury. Outre ce pharmacien de l’hôpital privé Drôme Ardèche, le jury 2018 était composé du Dr Maya Gutierrez, oncologue médicale à l’Institut Curie de Saint-Cloud, de Raymond Merle, de l’Université des patients de Grenoble, et de Dominique Charléty, pharmacien au CHU de Grenoble. Cette année, le jury a récompensé le programme DeNaCaPST (Dépistage national des cancers du sein et de la thyroïde consécutifs au traitement d’un cancer pédiatrique).

Un risque considérable de cancer secondaire 

Plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent mais, dans 70 % des cas, des effets secondaires sont constatés à long terme, avec un risque de cancer secondaire environ dix fois plus élevé que pour la population générale. Ces anciens maladessont particulièrement exposés à un risque de cancer du sein plus précoce que dans la population générale et à un risque de cancer de la thyroïde, chez la femme comme chez l’homme.

« Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de prise en charge particulière pour ces patients une fois devenus adultes et que les recommandations n’étaient pas bien suivies », explique le Dr Demoor-Goldschmidt, radiothérapeute spécialisée dans le suivi à long terme. Elle avait auparavant travaillé sur le risque de cancer du sein après une mutation BRCA. « Dans ce cas, le réseau est bien organisé. Il me semblait inadmissible qu’il n’en soit pas ainsi pour les enfants malades », poursuit-elle. Elle a été à l’initiative de DeNaCaPST avec Florent de Vathaire, du Centre de recherche en épidémiologie et Santé des populations.

Suivi à long terme

Le logiciel sécurisé, développé en collaboration avec la société Epiconcept, permet aux médecins de travailler de manière coordonnée sur le suivi et le dépistage de patients en trois phases :

  • remplissagedes données relatives au patient pour un résumé uniformisé ;
  • création d’un plan personnalisé de suivi avec des prescriptions de dépistage ;
  • organisation précise de la prise en charge médicale avec relances du patient via des alertes si un examen n’a pas été réalisé, par exemple.

DeNaCaPST facilite donc l’accès à des consultations de dépistage et de suivi dédiées sur l’ensemble du territoire français et accompagne les patients dans la transition entre suivi pédiatrique et adulte.

Retrouver les patients concernés

Si le programme est aujourd’hui en route, l’une des problématiques consiste à retrouver les anciens patients concernés.« Les médecins des différents hôpitaux contactent leurs anciens patients, mais, grâce à ce programme, nous pouvons atteindre la population cible plus largement », précise le Dr Demoor-Goldschmidt. Dans la même idée, une vidéo a été réalisée avec Les Aguerris, une association d’adultes guéris d’un cancer pédiatrique.

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