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SI & GHT : la parole à Christophe Boutin, président de Maincare solutions

DSIH, Propos recueillis par Pierre Derrouch , LUNDI 21 JANVIER 2019 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Voilà plus de deux ans maintenant que les GHT s’organisent, avec en point de mire la convergence des systèmes d’information en 2021. DSIH interroge les éditeurs sur les évolutions générées par cette nouvelle organisation.

Les GHT ont-ils transformé la relation entre les établissements de santé et les éditeurs ?

Christophe_BoutinLes DSI pilotent entre 80 et 150 applicatifs par établissement. Dans ce contexte, la progression vers la convergence n’est pas facile. Toutefois, depuis le lancement des GHT, nous observons une vraie mise en mouvement de la part des hôpitaux, avec des changements radicaux de comportement, de choix de solutions et de déploiement. Le marché s’est totalement transformé. C’est assez remarquable compte tenu du manque de ressources humaines SI et financières des établissements, d’autant que le programme Hop’en n’est toujours pas disponible pour moderniser ces structures.

Qu’est-ce qui change sur le plan des SI dans les GHT ?

La transformation induite par les GHT est un vrai défi pour les hôpitaux, mais l’impact est globalement positif avec trois évolutions significatives du côté des établissements :

  • Ils sortent d’un modèle vertical d’application qui ne se préoccupait pas des autres solutions ni du devenir à moyen terme de l’ensemble du SI. Il y a maintenant une vraie démarche de planification et d’intégration avec une vision à dix ans ;
  • Un souci de mutualisation des moyens au sein des GHT ;
  • Une volonté d’ouverture des SIH sur les territoires, élément qui ne faisait pourtant pas partie de la loi GHT. Mais la mise en place des GHT a été le déclencheur pour penser « services numériques » de territoire pour les partenaires, la médecine de ville et le patient lui-même.

Justement, on parle déjà d’une transformation des GHT en établissements publics de santé de territoire. Votre positionnement en est-il remis en cause ?

Les directions d’établissement raisonnent de plus en plus à cette échelle, et c’est une bonne chose pour nous. Nous sommes en effet déjà très présents dans les programmes SI régionaux depuis plusieurs années avec notre plateforme Idéo et retrouvons à l’échelon du territoire – en général le département – la même dimension collaborative. Notre plateforme Idéo est donc déjà prête pour cette extension progressive des GHT et leur participation à d’éventuels programmes régionaux.

Quelles stratégies adoptent les établissements pour aller vers la convergence ?

On observe que les deux tiers des 135 GHT misent sur des stratégies d’agrégation et de rapprochement pour engager la collaboration entre les professionnels de santé eux-mêmes ainsi que les échanges avec la ville et les patients. Cette phase 1 qui restera pérenne est moins onéreuse qu’un changement global des applicatifs médicaux, surtout en si peu de temps. Elle va de la seule gestion de l’identité patient à des services numériques complets. Nous avons une trentaine de projets de ce type en cours, notamment avec les 14 GHT des Hauts-de-France, comprenant les CHU de Lille et d’Amiens, tous équipés de notre plateforme de services numériques et qui travaillent eux-mêmes de manière mutualisée. Une soixantaine d’autres projets vont prochainement démarrer.

Le troisième tiers des GHT privilégie en phase 1 la convergence des grands blocs applicatifs, avec un changement de DPI programmé à trois-huit ans. Nous déployons également des projets de convergence du PMSI qui procurent un retour sur investissement plus rapide et d’autres projets analytiques (facturation, achats, gestion RH, etc.).

Il faut enfin noter les besoins des GHT en solutions de télémédecine et de parcours pour mieux orienter le patient, planifier et suivre son parcours de soins, sur le modèle des parcours de soins thématiques en région comme la cancérologie. C’est une préoccupation forte des GHT sur laquelle Maincare Solutions est également bien positionné.

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