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Internet et les réseaux sociaux nuisent gravement à la santé

DSIH, Par Damien Dubois, , LUNDI 04 FéVRIER 2019 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Le baromètre Santé 360, sur les médecines alternatives et complémentaires, a été présenté jeudi. Si le grand public est convaincu de leurs bienfaits, les médecins les sous-estiment. Tous se retrouvent sur le rôle néfaste d’Internet et des réseaux sociaux en plébiscitant une labellisation des sites.

ODOXA_Barometre-santeOdoxa a présenté ce jeudi 31 janvier le baromètre Santé 360 sur les médecines alternatives et complémentaires (MAC). Un millier de Français a été interrogé par téléphone fin décembre ainsi que 515 professionnels de santé, parmi lesquels 290 médecins (76 généralistes, 166 spécialistes et 48 internes), 148 infirmiers, 26 aides-soignants et 41 pharmaciens.

Les Français plus convaincus que les médecins

Le grand public et les médecins croient aux bienfaits des MAC, respectivement à hauteur de 68 % et de 56 %. L’écart se creuse sur le sujet de l’homéopathie qui convainc 72 % des Français contre 33 % des médecins. Concernant les usages, plus d’un Français sur deux a recours à l’homéopathie et un sur trois aux autres médecines alternatives.

Un phénomène sous-estimé par les médecins qui pensent qu’un quart de leur patientèle l’utilise. D’ailleurs, seul un tiers des soignants a recommandé des traitements homéopathiques. Un déremboursement de l’homéopathie ne refroidirait pas les patients puisque six sur dix continueraient à en prendre et que un sur six seulement la remplacerait par un médicament conventionnel.

Une méconnaissance partagée

La première raison de cet écart selon le baromètre repose sur la méconnaissance des traitements alternatifs. Celle des soignants d’abord dont la formation serait trop axée sur les médicaments conventionnels : ils sont deux tiers à déclarer n’avoir jamais suivi de formation sur l’homéopathie et les autres MAC. Mais aussi celle des Français : 56 % d’entre eux ne savent pas précisément comment est préparée l’homéopathie. Tous jugent cette dernière plus naturelle, moins nocive et plus facile à se procurer, mais les Français la trouvent utile alors que les professionnels la considèrent comme un placebo.

Un Internet nocif mais utilisé

Les avis du grand public et des praticiens convergent quand il s’agit d’évoquer le rôle néfaste d’Internet et des réseaux sociaux, en particulier sur la santé : une grande majorité d’entre eux considère qu’ils véhiculent de fausses informations, notamment à propos des MAC.Mais les patients entretiennent un rapport ambivalent à l’égard d’Internet puisqu’ils estiment à hauteur de 67 % qu’il est facile de trouver sur la Toile des renseignements fiables sur les médecines alternatives et complémentaires.

D’ailleurs, près de la moitié des Français recueille des avis ou des conseils médicaux par ce biais et 37 % d’entre eux y ont spécifiquement recours pour obtenir des informations sur les MAC dont l’homéopathie. Il est à noter que les recherches ne se font pas par maladie, mais par description des symptômes. De plus, ils placent au même niveau les sites gérés par des professionnels de santé que les forums. 6 sur 10 consultent aussi des sites institutionnels.

Enfin, 70 % des Français et 80 % des professionnels feraient confiance aux informations que pourraient communiquer des sites Internet officiels labellisés par l’État en matière de santé. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de sante.fr, la plateforme du service public d’information en santé, qui dépend du ministère des Solidarité et de la Santé. Médecins comme patients – à hauteur de 80 % environ – seraient favorables à ce que ces sites fassent état de ce qui est reconnu scientifiquement et de ce qui ne l’est pas.

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