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Les SI de santé entre pilotage régional et cadrage national

DSIH, JEUDI 08 AOûT 2013 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

« Il s’installe une tension entre le niveau régional des SI de santé et le niveau national. Le niveau régional est pressé de voir des services opérationnels et des usages. Le niveau national doit mettre à disposition un certain nombre de référentiels (RASS, ROR, …) ou de services (messagerie sécurisée, DMP, DCC, SI Urgences, etc.), mais ne les produit pas au rythme souhaité par les régions car il est plus exigeant de le faire à un niveau national qu’au niveau local ou régional. »

 

Cet extrait d’un rapport commandé par l’ASIP Santé à KPMG et Bearing Point résume bien les observations qui ressortent également des dossiers et interviews publiés par le magazine DSIH ces derniers mois, tout particulièrement dans sa rubrique Territoires.


Le document d’une soixantaine de pages est daté de novembre 2012 et synthétise une étude qui s’est déroulée de juillet à octobre, mais ses conclusions n’ont pas perdu de leur acuité depuis près d’un an*.  Il souligne par exemple les attentes exprimées par les ARS et par les MOAR (Maitrises d’ouvrage régionales) d’une clarification du rôle et des missions des acteurs nationaux et régionaux. Il rappelle aussi la nécessité d’organiser, de piloter et d’enrichir la mutualisation inter régionale.

 

A l’origine de ce travail, la volonté de l’ASIP Santé de « tirer les enseignements de son appui aux  MOAR dans la perspective du développement des usages d’e-santé afin d’orienter son action future ».


Sur le terrain, le bilan est plutôt positif. La capacité de maîtrise d’ouvrage des régions en matière de SI partagés a doublé entre 2009 et 2011. Les MOAR, désormais installées sur tout le territoire, bénéficient d’un financement d’environ 50 millions d’euros et emploient plus de 250 Equivalent Temps Plein. Le rapport relève aussi le rôle déterminant des ARS, qui se sont rapidement « emparées du sujet de l’e-santé pour en faire un levier de leur politique de santé ». Les auteurs s’interrogent du coup sur les conséquences d’un pilotage stratégique régional fort par l’ARS qui « pourrait aboutir à une hyper régionalisation des SI de santé », avec son cortège de risques : non interopérabilité, inefficience alors que les besoins sont identiques d’une région à une autre, insuffisance de compétences, émiettement provoquant le désintérêt des industriels…

 

L’analyse, argumentée, des conditions de pérennisation des programmes e-santé régionaux renvoie, une fois de plus, à la capacité de coordination du niveau national dans le contexte d’une stratégie et de calendriers explicites.

 

D.L.

 

*Le rapport a été mis en ligne début mai 2013 : http://esante.gouv.fr/actus/politique-publique/l-asip-sante-publie-un-etat-des-lieux-des-maitrises-d-ouvrage-regionales-mo

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