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Stratégie nationale de santé : qu’est ce qui va changer ?

DSIH, MARDI 24 SEPTEMBRE 2013 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Si le volontarisme du discours peut être salué, la composition de la feuille de route laisse perplexe, concernant les systèmes d’information en tout cas.

 

marisol_touraineMarisol Touraine a exposé, le 23 septembre comme prévu, les grandes orientations de la future loi sur la Stratégie nationale de santé qui sera présentée au 1er semestre 2014. Dans un discours volontariste, la ministre des Affaires sociales annonce rien de moins qu’une « refondation » et une « révolution du premier recours » autour d’un médecin traitant pivot.

 

Objectif : « éviter l’effritement de notre système sous les contraintes économiques » et « dépenser autrement ». Cette stratégie repose sur trois piliers : « ancrer notre politique autour d’objectifs de santé publique identifiés et partagés ; structurer la médecine de parcours à partir des soins de premier recours ; et développer les droits des patients. »


Jusque-là tout va bien et l’on veut croire que la ministre a fait siennes la plupart des préconisations du rapport Cordier qui engageait le gouvernement à faire preuve d’ambition.
Marisol Touraine s’aventure même sur le chapitre e-santé pour déclarer que « Dans dix ans, les téléconsultations et la télésurveillance amélioreront encore l’accès aux soins partout sur le territoire. ( …) L’hôpital sera numérique (…). La médecine personnalisée aura été généralisée. »

 

Pourtant… quand on passe du discours à la feuille de route publiée pour l’occasion, le cadrage n’est plus aussi évident. Certes, on y trouve l’affirmation que « ces orientations nécessitent un investissement résolu dans les systèmes d’information ». Bien sûr, les chantiers en cours sont confortés : recherche d’interopérabilité, réaffirmation des axes prioritaires en télémédecine, organisation d’un service public d’orientation dans le système de soins (sera-t-il basé sur le Répertoire opérationnel des ressources et assimilés) ?
Mais là où l’on peut s’avouer franchement perplexe, c’est bien au chapitre du DMP2 !

 

Premier exemple : « proposer un DMP pluriel, adapté aux besoins de chacune des parties prenantes, et notamment des professionnels de santé. » Que faut-il lire derrière le terme de « pluriel » ? Va-t-on continuer à faire le grand écart entre Dossier Médical Personnel (comme défini par la loi) et Partagé (pour les enjeux de coordination entre professionnels) ?
Deuxième extrait : « La crédibilité de l’outil (…) dépendra de la rapidité de son implantation. » Les parcours de soins (que le DMP est censé outiller) sont dans les limbes ; on ne voit donc pas bien ce qui pourrait donner un coup d’accélérateur. Et puis, n’a-t-on pas tiré les enseignements de la course au chiffre ?!

 

Enfin, il est question de son « indispensable ouverture sur le domaine médico-social. » Cela signifie-t-il que l’évolution législative nécessaire est en germe ? que l’usage de la CPS est définitivement enterré ?
La re-relance de ce dossier pose décidément plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, malgré la concertation dont il avait fait l’objet au printemps dernier.

D.L

 

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