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SIH et Finances : une alliance incontournable

Céline Lagrais, publié dans le DSIH N°1 - Octobre 2010

Les DAF et les DSI ont-ils des raisons de ne pas s’entendre ? Sans doute… car les arguments des financiers ne manquent pas : « le SI pèse de manière croissante sur le plan d’investissement », « les DSI font rêver les docteurs, quand les financiers les responsabilisent »... et les DSI ont autant d’arguments en sens inverse ! Pourtant, la question n’est plus de savoir si finances et informatique peuvent s’entendre. Ils DOIVENT s’entendre et travailler en osmose.

Céline Lagrais

La question des relations entre finances et SIH n’est pas nouvelle : c’est par la (petite) porte de la gestion que l’informatique fait son entrée à l’hôpital à la fin des années 70. À l’époque, on n’informatise pas encore les processus de prise en charge ni les données médicales, seulement la comptabilité, les stocks et la paye. L’objectif est clair mais limité : permettre au directeur financier de suivre les dépenses de façon automatisée.

Un événement va pourtant tout changer, c’est le PMSI ; et avec lui, quelques années plus tard, la T2A, qui parachève le nouveau paradigme : la régulation des finances hospitalières ne repose plus sur les dépenses mais sur les recettes et les recettes ne sont rien d’autre que le résultat d’informations médicales transformées en factures et envoyées au bon débiteur. Le défi du financier, c’est précisément cette transformation de données médicales, disséminées partout dans l’hôpital, en recettes : il doit pour cela avoir accès rapidement à des données exhaustives, fiables et simples à utiliser, pour garantir la santé financière de l’établissement.

L’information médicale est aujourd’hui une richesse de gestion pour tous si elle est partagée dans le SI et bien exploitée ; d’où l’importance d’une informatique qui soutient tous les process financiers, en commençant par celui de la facturation : gestion administrative du malade favorisant l’identito-vigilance, facilité d’accès à l’outil de codage, interopérabilité entre les logiciels métiers et l’outil informatique de recueil, remontées des actes en temps réel sont les enjeux prioritaires de l’alliance entre finances et SIH.

Prioritaires oui, mais pas exclusifs car la recherche de l’optimisation des recettes en modèle T2A n’est pas le seul défi qu’ont en commun financiers et informaticiens. La gouvernance de l’hôpital organisée autour de pôles médicaux, la création d’un directoire et d’un conseil de surveillance apparentés aux structures de l’entreprise, la systématisation de démarches de ROI autour des projets et le cadre économique du système sont autant d’éléments qui rendent indispensable la mise en place par les DAF d’un système de pilotage de la production, de la performance, et, au final, de la stratégie.

Ce système de pilotage est plus qu’un traditionnel contrôle de gestion. Il ne peut être conçu sans l’expertise et l’ingéniosité des informaticiens, puisqu’il doit s’apparenter à un cockpit complet capable de décrire les activités (toutes les activités !) et d’isoler les coûts par structure de production, bien sûr, mais aussi de mettre à disposition des décideurs, via des tableaux de bord relookés, des indicateurs quantitatifs et qualitatifs, si possible croisés entre eux, qui facilitent l’aide à la décision au quotidien et la construction d’une stratégie de long terme.

Nous n’en sommes aujourd’hui qu’à l’expression collective des besoins. Bien sûr, les premières solutions dites décisionnelles ont été mises en place dans les hôpitaux, mais elles restent à parfaire : les indicateurs proposés sont encore trop statiques, permettant un reporting mensuel complet des chiffres-clés mais pas un management par la performance. À ce titre, il faut souligner que les outils de benchmark restent peu développés et produits avec un retard pénalisant. Dans ce cahier des charges à écrire à 4 mains, les financiers attendent que le SIH réponde au besoin de réactivité, pour un pilotage quasiment en temps réel.

Financiers et informaticiens doivent apprendre à s’écouter. Le DSI n’est pas un gestionnaire de crédit gâté et le DAF n’est pas (qu’) un empêcheur de tourner en rond. Compte tenu de l’importance de l’enjeu, ils devraient sceller leur alliance rapidement.  

Par Céline Lagrais, DAF et Conférencière Spécialisation Finances - EHESP

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