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Des balises éthiques pour la recherche en robotique

DSIH,DL, LUNDI 12 JANVIER 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Après deux années de travaux, la Cerna, Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistene (1), a publié un premier rapport, consacré à la robotique. 

Il comporte 18 préconisations qui sont présentées comme autant de « balises pour guider les réflexions des établissements de recherche et des chercheurs ». 9 de ces préconisations sont générales au numérique et 17 spécifiques à la robotique. La Cerna situe sa réflexion dans un contexte où le foisonnement et la rapidité de déploiement des usages issus de l’innovation rendent vaine l’élaboration de nouvelles normes éthiques qui se révèlent rapidement inadéquates. Elle considère qu’il vaut mieux « équiper le monde scientifique pour que la dimension éthique devienne indissociable de l’activité de recherche, dans les communautés et les esprits. »

D’une manière générale, la Commission préconise que les établissements ou institutions de recherche se dotent de comités d’éthique en sciences et technologies du numérique, traitant au cas par cas les questions opérationnelles, à l’instar des sciences de la vie ; que des actions de sensibilisation et d’accompagnement soient menées auprès des chercheurs ; que les réflexions éthiques relatives aux projets susceptibles d’avoir un impact direct sur la société impliquent tous les acteurs concernés.

Elle illustre ses préconisations à travers trois cas d’usage, notamment les robots auprès des personnes, ainsi que les robots dans le contexte médical. Alors que l’on assiste au développement des robots compagnons, elle appelle les chercheurs à s’interroger sur l’utilité et les effets de la ressemblance [des robots] au vivant et recommande de prendre soin de communiquer clairement sur ce point auprès du public. « Par l’imitation du vivant et l’interaction affective, le robot peut brouiller les frontières avec l’humain et jouer sur l’émotion de manière inédite. Au-delà de la prouesse technologique, la question de l’utilité d’une telle ressemblance doit se poser, et l’évaluation interdisciplinaire de ses effets doit être menée, d’autant plus que ces robots seraient placés auprès d’enfants ou de personnes fragiles. »

De même, elle invite les chercheurs en robotique réparatrice ou d’assistance à « appliquer, en coordination avec les professionnels de santé, les aidants et les patients, les principes d’éthique en usage dans le secteur médical afin d’arbitrer entre les exigences d’efficacité et de sécurité des soins, celles d’autonomie et d’intégrité de la personne et, enfin, de protection de la vie privée. » Pour la Cerna, il s’agit là de questions qui relèvent de l’éthique et non uniquement du droit « en cela qu’elles demandent à être arbitrées dans chaque cas particulier et qu’elles ne reçoivent pas de réponse générale. » C’est pourquoi elle estime que, pour en traiter, il faut prendre avis auprès de comités opérationnels d’éthique des sciences médicales et veiller à ce que les compétences technologiques y soient étroitement associées.

(1)  Alliance des sciences et technologies du numérique.

Le rapport est disponible : http://cerna-ethics-allistene.org/digitalAssets/38/38704_Avis_robotique_livret.pdf 

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