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Poitou-Charentes : les cardiologues misent sur la surveillance à distance

DSIH, MARDI 07 AVRIL 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

 L’association Projets Innovants en Cardiologie pour le Poitou-Charentes (PIC) a mené une étude de faisabilité pour préparer le terrain à une généralisation du télé suivi des patients insuffisants cardiaques. Son président, le Dr Benoit Lequeux, en expose les enseignements.

« Le nombre de patients augmente, mais nos effectifs ne bougent pas ». Le Dr Benoît Lequeux, président de l’association Projets Innovants en Cardiologie pour le Poitou-Charentes (PIC), explique ainsi les raisons qui l’ont conduit à se tourner vers la télémédecine. « Nous devons nous orienter vers des suivis plus automatisés », estime le cardiologue qui exerce à mi-temps en libéral et, pour l’autre mi-temps, au CHU de Poitiers, où il assume la coordination du réseau RADIC de prise en charge des insuffisants cardiaques dans le département de la Vienne. La région Poitou-Charentes compte encore deux réseaux consacrés à l’insuffisance cardiaque (RADIC et Cardiosaintonge), sur la dizaine qui a pu subsister en France, et ils constituent un précieux point d’appui aux projets de télésurveillance des patients.

Au CHU de Poitiers, le Dr Benoît Lequeux explique l'utilisation de l’équipement de surveillance à distance aux patients avant leur retour à domicile

 

 

Une étude de faisabilité
L’association PIC a initié une première étape en conduisant une étude de faisabilité soutenue par l’Agence régionale de santé et par les libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé, l’agence apportant l’enveloppe financière, et l’Union la participation concrète des médecins. « L’objectif est simple, explique le Dr Lequeux : éviter les ré hospitalisations en dépistant les signes précoces de détérioration de l’état de santé ». L’étude aura porté sur 80 patients pendant deux ans. Ils ont été équipés, à domicile, d’un tensiomètre, d’une tablette tactile en support à un questionnaire de suivi, et d’un boitier assurant la transmission des informations vers les serveurs sécurisés de la plate-forme H2AD. « Chaque patient devait être suivi de cette manière durant 6 mois car c’est dans ce délai que se produisent la majorité des ré hospitalisations ».

Le patient télé suivi quittait l’hôpital après une heure de prise en main de l’équipement et d’explication du protocole qui consiste – dans les grandes lignes – à lui demander de surveiller son poids et sa tension deux fois par semaine ; il devait également répondre au questionnaire sur tablette permettant à l’équipe soignante de repérer les risques d’œdème et d’asthénie.

L’étude a permis d’évaluer l’acceptation par les patients. « Nous nous sommes rendus compte que la lassitude intervient dans les deux mois après le début du télé suivi. Les patients commencent alors à moins bien renseigner les indicateurs nécessaires. Cela signifie qu’il faudrait, dans un projet futur, prévoir un soutien et des conseils précis à cette période », analyse le cardiologue.

Une plate-forme « tout-en-un »
Du côté des professionnels libéraux, cette première étape a permis, selon Benoit Lequeux, de valider le choix de plate-forme de télémédecine. « Nous voulions du ‘tout-un-en ‘, explique-t-il ; c'est-à-dire un prestataire qui traite les alertes grâce à ses permanenciers et ses médecins, et qui soit agréé pour l’hébergement de données de santé ». Pas question en effet pour les médecins de ville de recevoir l’ensemble des alertes émises par le système de télé surveillance ! Plus de 2 000 alertes d’observance se sont en effet produites sur les deux ans, indiquant par exemple qu’un patient avait « simplement » oublié de se peser. L’association PIC a soigneusement élaboré avec H2AD le protocole établissant qui doit être prévenu par la plate-forme (la coordination du réseau, le médecin traitant ou le cardiologue, voire le Samu en dernier ressort), et ce en fonction de quels indicateurs. Une organisation transparente, qui a fait tomber les résistances des professionnels inquiets des risques de surcharge de travail que la télémédecine aurait pu occasionner.

Le cahier des charges du médecin, méfiant vis-à-vis de la vague actuelle d’objets connectés de santé, spécifiait également l’utilisation de dispositifs médicaux (tensiomètres notamment) validés. Dernier enseignement apporté par l’étude de faisabilité : elle a mis en lumière la nécessité de faire appel à un prestataire de santé à domicile pour la distribution des matériels aux patients. L’association PIC est maintenant prête à élargir son action et a ébauché de nouveaux projets… qui doivent encore trouver leur financement ! A suivre…

A propos de H2AD
Créée en 2004, H2AD est une organisation médicalisée de télésanté et télémédecine opérant sur le secteur du maintien à domicile et du suivi à distance des maladies chroniques et de la perte d’autonomie.

Elle mutualise le savoir-faire en recherche et développement de ses collaborateurs, ingénieurs et médecins, pour offrir une organisation et des solutions opérationnelles de télémédecine 24/7. L’expertise d’H2AD permet d’acquérir, de traiter, de partager et d’héberger des données de santé 24h/7 à l’aide d’un chaînage humain, logistique, médical et sécurisé, grâce à une plateforme médicalisée de régulation, de coordination et de conseils médicaux.

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  • Son dossier « D2P », cahier de transmission médico-social a été agréé DMP compatible en 2012 par le ministère de la Santé.

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