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La gérontologie, c’est l’avenir de la télémédecine !

DSIH, Marie-Françoise de Pange, LUNDI 22 JUIN 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Diviser par deux le nombre de journées d’hospitalisation des pensionnaires d’un EHPAD. C’est l’un des résultats présentés au colloque « la télémédecine en ambulatoire », organisé le 11 juin à Lyon avec Télémedinov, projet financé en Vendée dans le cadre du Plan Investissements d’Avenir.

La téléconsultation en EHPAD est l’un des axes de Télémedinov, projet qui couvre un territoire de 110 000 habitants (450 000 l’été) avec les deux iles d’Yeu et de Noirmoutier. Après une première phase de démonstration en 2012 pour décloisonner la ville, l’hôpital et le secteur médico-social, puis une phase d’expérimentation de téléconsultations non programmées de gériatrie avec deux EHPAD, la télé gériatrie est aujourd’hui opérationnelle dans cinq EHPAD. Et neuf vont se rajouter d’ici la fin de l’année. Pour le Dr Fréderic Mignen, chef de Pôle Télé gériatrie au CH Loire Vendée Océan (site de Machecoul et Challans), « les clés du succès, c’est de travailler en équipe sur un projet médical et d’établir une connivence entre l’équipe soignante et l’équipe technique. »

Premier bilan : 100 téléconsultations de gériatrie, mais aussi un démarrage en diabétologie avec transmission de rétinographies. A l’EHPAD de Commequiers, on a divisé par deux les journées d’hospitalisation, passant de 600 à 300 par an.

Les objectifs sont bien définis :

  • éviter les hospitalisations et les déplacements, et en cas d’hospitalisation, tout est programmé ;
  • s’intéresser à la personne âgé polypathologique pour anticiper les possibles décompensations face aux quatre facteurs de risque que sont la chute, la polymédication, la dénutrition, la dépression ;
  • améliorer l’offre de soins en offrant des consultations de spécialité dont on raccourcit les délais.

Une quinzaine de médecins participent
Pour les soignants, la formation à la télémédecine remplit une fonction apprenante et rapproche les équipes.
«  Aujourd’hui, l’acceptabilité des pensionnaires est bonne. En deux ans, nous n’avons enregistré qu’un seul refus. La liaison se fait point à point sur un grand écran où j’apparais grandeur nature ». Et le gériatre sourit encore de l’anecdote : « il n’y a pas très longtemps j’ai vu la patiente avancer la main pour serrer la mienne. »

La télémédecine s’imprègne de la culture gériatrique. La prise en charge s’améliore.
Les difficultés restent le temps de préparation infirmier pour la téléconsultation, le temps de réalisation du compte rendu des téléconsultations, l’éventuel problème de son et d’image, la valorisation de l’acte pas encore prise en compte.

Une quinzaine de médecins, hospitaliers et libéraux, participent aux téléconsultations. Le nombre de spécialités s’étend avec l’ophtalmologie, l’ORL, l’angiologie et - le Dr Mignen l’espère pour bientôt - la psychiatrie, très demandée.

La télémédecine va-t-elle se développer dans les EHPAD ? Le Dr Pierre Simon, président de la SFT-ANTEL, en est aujourd’hui convaincu : « C’est dans les EPHAD que l’on voit déjà le plus concrètement les bénéfices de la télémédecine », a-t-il déclaré en conclusion de la journée.

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