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Système d’information de Santé : la DSSIS trace les axes prioritaires

DSIH, LUNDI 23 JUILLET 2012 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Dans une interview publiée en juillet par le Cercle des Décideurs en Santé, Philippe Burnel, Délégué à la stratégie des systèmes d'information de santé (DSSIS) revient sur les chantiers prioritaires et les travaux en cours autour de la mise en place d’une stratégie e-santé.

Vous avez pris vos fonctions à la délégation à la stratégie des systèmes d'information de santé en novembre dernier. Quels sont les chantiers prioritaires que vous avez identifiés depuis?

philippe BurnelLe premier chantier est celui de l’élaboration d’une stratégie qui fixe la direction à suivre, détermine les actions à conduire et permette aux acteurs  du système de santé d’orienter leurs propres initiatives.

 

Sous ce « chapeau commun », les priorités de la DSSIS s’organisent autour de deux grands axes.

Le premier concerne l’ensemble des chantiers à caractère transversal. Ce sont les pré requis de toute politique en matière de e-santé : le cadre juridique (bien que les fondamentaux soient en place, il reste des questions sont en suspens) , la gestion des référentiels (répertoires des professionnels et des structures) dont il nous faut améliorer la capacité à répondre aux besoins des différents utilisateurs  et la sécurité des systèmes d’information qu’il faut renforcer… Sur tous ces chantiers, nous avons des actions à conduire pour permettre le déploiement  des systèmes d’information de santé.

Le deuxième axe concerne les usages des systèmes d’information de santé. L’usage étant en dernier ressort entre les mains des professionnels, l’action des pouvoirs publics consiste d’une part à créer un cadre (notamment par la mise à disposition de services collectifs tels que le DMP, des téléservices ou la messagerie électronique), d’autre part à développer des politiques incitatives et d’accompagnement (par exemple, le programme Hôpital Numérique ou la convention médicale).

Dans le monde complexe qui est celui de la santé, la préoccupation première et continue de la DSSIS est de créer les conditions de la cohérence des actions que conduisent les différents acteurs du système de santé.

Enfin, la DSSIS a pour mission de piloter la mise en place du  noyau commun des SI des ARS. En d’autres termes, de mettre à disposition de chacune des ARS un système d’information support de leur action externe stratégique et de régulation comme de leur action interne de gestion et de pilotage de leur organisation. Ceci se matérialise notamment dans un schéma directeur (2012-2014) dont la mise en œuvre constitue un des objectifs prioritaires de la DSSIS.

 

Quelle démarche stratégique souhaitez-vous mettre en place autour de la e-santé ?

S’agissant de méthode, la démarche que nous avons mise en œuvre sous l’impulsion de la Secrétaire Générale des ministères chargés des affaires sociales, vise à établir un nombre limité d’objectifs qui structurent l’action de la puissance publique en matière de e-santé au service d’objectifs de politique de santé et étroitement intégrés à cette dernière. En d’autres termes, il ne s’agit pas de construire un programme d’action e-santé autoporté mais bien d’en faire un des moyens d’une politique d’organisation des soins ou de santé de façon plus générale. Ceci suppose bien sûr une validation politique explicite des objectifs proposés.

De ces objectifs doivent évidemment découler les actions à conduire pour les atteindre. Notre démarche est de mettre en exergue de façon concrète, les actions critiques dont la complexité éventuelle ou le caractère déterminant et structurant nécessitent une attention et un engagement particulier de la puissance publique.

Enfin, la dimension collective de la démarche est essentielle. L’association de l’ensemble des parties prenantes (institutions publiques, patients, professionnels et établissements de santé, industriels) est une condition incontournable de l’appropriation des objectifs et de la capacité des acteurs à inscrire réellement leur action dans le cadre proposé.

Le HCAAM a lancé quatre groupes de travail autour du parcours de soin des personnes âgées, dont un sur l’exploitation des données cliniques que vous présidez. Pouvez-vous d’ores et déjà nous dresser un premier bilan de ce groupe de travail ?

Les quatre groupes de travail sont placés sous la présidence de D. LIBAULT qui conduit la démarche avec l’appui d’une équipe de l’IGAS. L’objectif commun est d’établir le cahier des charges de « prototypes » qui seront expérimentés en 2013 dans un certain nombre de territoires de santé.

Les deux groupes centraux sont ceux qui sont en charge de penser l’organisation du parcours d’une part, de proposer les moyens d’optimiser les parcours hospitaliers d’autre part. Ces deux groupes sont présidés respectivement par les Pr. LEGRAIN et JEANDEL. L’hypothèse à tester est qu’une meilleure organisation du parcours de prise en charge des personnes âgées limite le recours à l’hospitalisation et/ou sa durée  réduisant le risque de perte d’autonomie ainsi que les coûts pour la collectivité.

Le groupe que je préside est chargé de concevoir la partie du cahier des charges relative aux systèmes d’information : système d’information support de la gestion des parcours individuels d’une part, système d’information support du pilotage collectif de la démarche d’autre part.  Il est, à ce stade prématuré d’anticiper sur le contenu du futur cahier des charges. En revanche, il faut souligner le caractère innovant et efficace de cette démarche de conception d’une organisation pluridisciplinaire qui mêle dès son origine les questions d’organisation médicale, de systèmes d’information et d’évaluation (objet du quatrième groupe présidé par F Von LENNEP). De plus, la contrainte de penser une organisation qui puisse être expérimentée dès 2013 oblige à une démarche concrète tournée vers l’action. Ce qui n’interdit évidemment pas de penser au-delà à ce que pourraient être les caractéristiques optimales d’un dispositif totalement déployé.

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