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Le zéro papier à l’hôpital… Et si le numérique était une partie de la solution ?

Olivier Boussekey, OPB Consulting , MARDI 15 OCTOBRE 2019 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Les hôpitaux souffrent d’un manque de moyens et de ressources depuis de nombreuses années. Les changements de réglementation, les contraintes économiques et démographiques, les regroupements, fermetures et reconstructions d’établissements n’ont jamais permis à ces structures particulièrement complexes de s’organiser pour être à la fois plus efficaces, moins coûteuses et propices à une meilleure qualité de vie au travail des soignants.

L’évolution de l’hôpital conditionnée par le numérique

Comme dans tous les autres domaines et organisations du monde du travail ou de la société en général, le numérique apporte beaucoup en automatisant les tâches répétitives et en réalisant les opérations à faible valeur ajoutée, ce qui laisse à l’être humain la responsabilité, la créativité, l’expertise ou encore les relations et les contacts humains.
Le numérique est déjà fortement présent dans la santé. Les services administratifs utilisent des logiciels spécialisés depuis très longtemps et si les plateaux techniques, l’imagerie médicale, les laboratoires, les examens biomédicaux ou encore les blocs opératoires sont déjà massivement informatisés, le dossier patient persiste dans sa forme papier.

Des difficultés, mais surtout des a priori immenses

Passer d’une organisation basée sur un dossier papier à un dossier totalement numérique nécessite de profonds changements dans toutes les organisations de l’hôpital. La tâche n’est pas simple et peut sembler trop complexe, voire insurmontable.
D’autant qu’il ne s’agit pas de retranscrire les formulaires papier sur un écran, il faut totalement repenser les processus, intégrer les besoins de tous les professionnels qui alimentent ou utilisent les données du dossier patient et faire du système d’information (SI) un véritable outil de travail.
Certes, l’informatisation peut engendrer une réduction d’effectifs et donc des coûts, mais ce ne doit pas être l’objectif visé par un tel projet, qui doit avant tout redonner du temps médical aux soignants.
La manipulation du papier rassure également, on le voit, c’est du concret. Si le dossier est totalement numérique et que l’informatique ne fonctionne plus, comment peut-on soigner les patients ?
Cette crainte est tout à fait justifiée, d’autant que la sécurité et la confidentialité des informations de santé sont essentielles pour que les patients et les professionnels aient confiance dans le système. Les solutions techniques existent pour garantir la confidentialité et la disponibilité des données ainsi que leur sécurité (intégrité et traçabilité), probablement mieux que ne le ferait un dossier papier dont personne ne sait qui l’a consulté ou modifié !

Le préjugé d’un coût élevé face à l’absence de moyens de l’hôpital

Le numérique est aujourd’hui tout aussi indispensable que l’électricité ou l’eau. Malgré tout, l’informatique est toujours vue comme un centre de coût. Les investissements et les frais de fonctionnement semblent toujours trop chers car la valeur apportée par le numérique est souvent sous-estimée ou inconnue.
L’informatique ne doit pas échapper à la transparence et à une vraie maîtrise des coûts. Il est donc essentiel de mesurer ces derniers de même que l’utilisation des systèmes. Des indicateurs d’usage, d’obsolescence et du coût de chaque élément du SI doivent être mis en place et communiqués pour que chacun puisse juger de leur pertinence.
Une fois numérique, l’hôpital coûte moins cher : moins de consommation de papier et de fournitures de bureau, moins de temps perdu à chercher une information, moins de tâches administratives, plus de temps dédié aux patients et au soin pour les professionnels de santé.
Enfin, et c’est certainement dans ce domaine que le numérique peut apporter le plus aux hôpitaux, les données peuvent (doivent) être analysées et utilisées pour apporter de la valeur. Les SI sont souvent conçus pour permettre la capture de données et leur restitution à l’identique, sans plus-value.
L’exploitation des données capturées doit permettre de faciliter la recherche clinique, d’optimiser les flux de patients, de réduire les examens inutiles et d’améliorer les organisations par une connaissance beaucoup plus fine et exhaustive des habitudes de travail, des pathologies et des priorités.

Finalement, le numérique rapporte bien plus qu’il ne coûte !

Pour des soignants plus présents auprès de leurs patients

Le numérique permet de ne plus perdre de temps à chercher une information, ni à la recopier sur de multiples supports (dossier patient, dossier de soins, indicateurs Qualité, enquêtes…).
Le SI doit être conçu pour que ce soit le producteur d’une information qui la capture dans le SI en temps réel, ce qui évite les recopies et la perte de temps, tout en garantissant une disponibilité immédiate des données et la réduction des risques.

Le règne du découragement

Nombreux sont ceux qui pensent que le zéro papier à l’hôpital est inatteignable, et pourtant ceux qui l’ont fait ne reviendraient jamais en arrière.
Tous les hôpitaux peuvent réussir cette transformation ; tous les hôpitaux doivent la faire !


L'auteur 

olivier_boussekeyOlivier Boussekey a 25 ans d’expérience en termes de systèmes d’information de santé. Ancien DSI du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ), il crée en 2019 la société OPB Consulting dans une volonté de partager son expérience réussie pour que tous les hôpitaux puissent en bénéficier.
Le GHPSJ est la preuve concrète que le numérique peut remplacer le papier dans tous les services de soins et apporter une véritable valeur ajoutée à l’établissement, aux soignants et aux patients.
Olivier Boussekey propose désormais aux hôpitaux des missions d’audit, de conseil et d’accompagnement en transformation numérique pour que le SI ne soit plus un centre de coût, mais un levier d’efficience.
contact@opb-consulting.fr 
http://www.opb-consulting.fr

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