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Covid-19 : les DSI face à la crise – Jalal Soujad, DSI du GHT de l’Artois

DSIH, Pierre Derrouch, MARDI 14 AVRIL 2020 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Selon les données officielles, Les Hauts-de-France figurent au quatrième rang des régions les plus touchées par la crise du Covid-19. Le GHT de l’Artois[1] s’est rapidement engagé dans l’adaptation de son système d’information pour faire face à la pandémie.    

Jalal_SOUJADAu 8 avril 2020, la région Hauts-de-France comptait 2 366 hospitalisations dues au nouveau coronavirus, pour 12 479 en Île-de-France, 4 708 dans le Grand-Est et 2 908 en Auvergne-Rhône-Alpes. Cette pression des chiffres qui met à rude épreuve le corps médical se traduit aussi par des enjeux importants pour les systèmes d’information. « Depuis le début de la crise du Covid-19, nous sommes très sollicités, notamment en termes d’ouverture de lits supplémentaires en réanimation aux CH de Lens et de Béthuneet demise en œuvre des unités d’hospitalisation Covid-19 ou de consultation par la médecine libérale », indique Jalal Soujad, DSI du GHT de l’Artois.
Rapidement, l’établissement support du GHT de l’Artois a dû gérer plusieurs points chauds pour garantir son bon fonctionnement. Sur le plan technique, il a fallu adapter l’infrastructure du réseau wifi, le réseau opérateurs et les pare-feu. Trois interventions indispensables « pour mettre sur pied des unités de consultations Covid-19 en quelques heures, aussi bien à Lens et à Béthune que dans le CH d’Hénin-Beaumont, et assurer l’ouverture du SI aux médecins de ville, aux patients et aux agents confinés à leur domicile ». Autre problème technique à régler d’urgence, le délestage de la messagerie du CH de Lens. « Nous nous sommes retrouvés avec des boîtes mails internes saturées, avec un doublement des messages provenant notamment des agents en télétravail », raconte Jalal Soujad.
Les impacts organisationnels ne sont pas négligeables non plus. « Nous avons défini un plan de continuité de service SI avec un taux de réponse aux demandes dans la demi-heure », poursuit le DSI du GHT. Une équipe opérationnelle SI polyvalente a également été mise en place pour organiser l’entraide entre les pôles. Et bien sûr, face à l’ampleur de la crise, la DSI a dû prioriser les projets techniques en cours, comme le déploiement de la télémédecine qui n’était prévu qu’au deuxième semestre 2020.« Sur certains projets, la crise du Covid-19 constitue un accélérateur », relève-t-il. C’est aussi le cas de la fibre optique qui ne devait pas couvrir le GHT avant 12 semaines. Elle a été disponible en seulement quelques jours.

Organiser la prise en charge

Engagée sur de nombreux fronts, la DSI a assuré la réalisation d’une série d’actions pour faciliter la gestion de la pandémie. Afin d’assurer la continuité de la prise en charge des patients et désengorger les urgences, l’établissement a accueilli dans ses locaux des médecins de ville. « Il nous a fallu très vite équiper des salles dédiées, avec du matériel informatique sécurisé et désinfectable », explique le DSI du GHT. « Nous avons parallèlement mis en place le télésuivi pour les patients Covid-19 rentrant chez eux et devant être suivis par un médecin », ajoute-t-il. Citons également le déploiement de la télémédecine pour permettre aux médecins d’assurer les consultations déprogrammées à l’hôpital. Et l’implication de la clinique Ambroise-Paré de Béthune, située juste en face du centre hospitalier, qui a accepté de mettre à disposition des locaux pour que les chirurgiens du CH puissent prendre en charge les patients déprogrammés à l’hôpital, ce qui a nécessité la mise en place de liens réseaux pour interconnecter les dossiers patients et les résultats de laboratoire entre les deux structures. Ajoutons à cet arsenal de mesures l’intégration de la préadmission en ligne afin d’éviter les attentes dans les halls du centre hospitalier et de protéger les agents d’accueil de toute contamination. Enfin, complète Jalal Soujad, « nous avons reprogrammé les logiciels(GAM, DPI, plateau technique, etc.) pour répondre aux besoins de prise en charge des patients Covid-19 ».

Accompagner patients et agents

Pour aider l’établissement dans l’organisation de ces prises en charge protéiformes, le logiciel de prise de rendez-vous en ligne Doctolib (comprenant également une solution de télémédecine) a été déployé en deux heures. « Des tablettes reçues en don ont aussi été mises à disposition dans les unités Covid-19, en réanimation et dans l’Ehpad du GHT afin de permettre aux patients de rester en contact avec leurs proches », rapporte Jalal Soujad. Pour éviter « d’ouvrir une porte » aux hackers, ces tablettes disposent de clefs 4G et de solutions de type Skype et Messenger, sans interaction avec le SI du GHT.
La DSI du GHT de l’Artois a également dû faire face au passage massif en télétravail d’agents du GHT, avec la mise en œuvre de solutions techniques de télétravail et de matériels adaptés, opérables en 4G. Pour désengorger la messagerie et optimiser la télémédecine, des outils de collaboration ont été déployés. Et, pour finir, Jalal Soujad évoque « la mise en place des solutions de visio et de téléconférence afin de garantir les réunions institutionnelles urgentes ».


[1]Le GHT de l’Artois comprend le centre hospitalier de Lens, établissement support, ainsi que les CH de Béthune, d’Hénin-Beaumont et de La Bassée.

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