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L’hôpital de demain sera smart ou ne sera pas

DSIH, Damien Dubois, MARDI 15 SEPTEMBRE 2020 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

La commission Smart Hospital publie un livret afin de souligner le potentiel du numérique à l’hôpital. Ce thema est préalable à la production d’un cadre de référence à venir, le ReadytoServices (R2S) for Care, outil de l’écosystème de la construction hospitalière.

Suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’AP-HP et le CHU de Nantes sur l’hôpital numérique du futur, la commission Smart Hospital a été créée en juin 2018. Au sein de la Smart Buildings Alliance (SBA), ce groupe de travail regroupe une cinquantaine d’experts de l’écosystème de la construction hospitalière et s’est donné comme objectif d’aider les hôpitaux et les établissements de soins dans leur transformation numérique, avec une approche Smart Hospital.
La commission publie un document pour « libérer le potentiel du numérique à l’hôpital » avant de s’engager dans la production d’un cadre de référence « Ready to Services for Care ». Ce cadre s’appuie sur le socle R2S (ReadyToServices), produit par la SBA et objet d’un label, pour valoriser l’engagement des acteurs de la filière de la construction et de l’immobilier en matière de bâtiments connectés.

Un retard à combler

En France, d’après le constat de cette commission, 70 millions de mètres carrés de bâtiments de santé sont potentiellement à transformer pour répondre aux enjeux d’amélioration tant de l’expérience des patients que de la qualité de vie au travail, de facilité d’accès aux soins, d’optimisation des coûts de fonctionnement des établissements, de prévention ou encore d’accompagnement du vieillissement de la population face à l’augmentation des maladies chroniques.

La nécessaire accélération de la numérisation de l’hôpital est au cœur du plan gouvernemental Ma santé 2022 de transformation du système de santé ; une numérisation qui permettra de décloisonner l’organisation des soins, l’exercice professionnel et les formations entre les structures hospitalières et médico-sociales, et donc l’hôpital lui-même en termes structurels.
Cette réflexion se positionne dans la continuité de la mise en place des GHT, d’Hôpital numérique et d’Hop’en.

Vers un hôpital intelligent

Le groupe de réflexion perçoit ainsi un système organisé comme un hub entouré de ses satellites où le patient devra bénéficier d’une continuité de services de soins dans son lieu de vie, où qu’il se trouve. La crise sanitaire de cette année joue d’ailleurs un rôle de catalyseur et d’accélérateur des nouveaux usages du digital à l’hôpital en termes de téléconsultation, de formation, de prévention, de télétravail…

Néanmoins, à cause notamment du manque d’interopérabilité entre les SI, il y a peu d’établissements intelligents avec pilotage de l’activité médicale ou de l’énergie et un réel management des données… Pourtant, il s’agit d’un préalable à l’intégration du Smart Hospital dans la ville, avec plusieurs bâtiments indépendants, et une interconnexion avec son écosystème local afin d’accompagner les patients et d’anticiper les besoins locaux réels avec une approche de responsabilité populationnelle. Le Smart Hospital garantit ainsi une meilleure prise en charge des personnes hospitalisées en combinant les différentes strates des SI (DPI, DMP, INS, espace numérique de santé – ENS –, cadre d’interopérabilité, système d’information technique hospitalier – SITH).

Un impact structurel sur les bâtiments sanitaires

Le déploiement du numérique impacte l’infrastructure, les équipements existants et l’organisation de l’hôpital. Il peut assez facilement s’effectuer dans de nouveaux établissements, dans lesquels les solutions numériques auront été prises en compte très tôt au cours de la programmation, avec un accompagnement à la transformation, y compris organisationnelle. Cependant, un déploiement partiel peut aussi s’envisager dans le cadre de rénovations et de nouveaux usages, comme la géolocalisation, l’optimisation des flux de patients et le tracking des équipements médicaux « mobiles ».

Des points de vigilance

Cette démarche de restructuration en profondeur de l’organisation hospitalière s’accompagne de points de vigilance concernant :

  • La maîtrise des cyberrisques. En 2019 en France, près de 400 incidents ont été signalés au ministère des Solidarités et de la Santé et 70 demandes d’accompagnement ont été formulées auprès de la cellule Cybersécurité en santé.
  • Le RGPD, qui nécessite pour un Smart Hospital de compléter les registres de traitement des données à caractère personnel par les nouveaux traitements mis en place selon la réglementation.
  • La vision globale et durable du retour sur investissement pour prendre aujourd’hui les bonnes décisions rentables demain avec la mise en place de contrats de performance globale.
  • Le cadre de confiance numérique avec l’implication de l’ensemble des acteurs dans une approche globale et collaborative, au regard des données produites et utilisées par le Smart Hospital.

Une matrice servicielle

La commission Smart Hospital ambitionne d’aider les décideurs, les conducteurs d’opérations et les ingénieurs chefs de projets à réaliser leur schéma d’hôpital intelligent avec une matrice servicielle, adaptée aux besoins et basée sur les usages. Aux attendus stratégiques en termes de Smart Hospital correspondront des services, des solutions technologiques et numériques adéquats impactant la conception architecturale, le déploiement des technologies et l’exploitation du bâtiment avec une convergence entre l’exploitation réelle et le jumeau numérique pour optimiser son coût global.

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