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Insuffisance rénale chronique : efficience de la télésurveillance

DSIH, LUNDI 09 NOVEMBRE 2020 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

La télésurveillance est-elle plus efficiente qu’une prise en charge traditionnelle pour des patients insuffisants rénaux chroniques à différentes étapes de la maladie : stade précoce, dialyse hors centre, transplantation rénale ? L’étude médico-économique multicentrique eChronic/eNephro, pilotée par le groupe Pharmagest, donne des éléments de réponse. Ils ont été présentés le 8 octobre lors de l’e-symposium de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation.


Cinq centres investigateurs ont participé à cette étude randomisée et contrôlée de novembre 2015 à juin 2019 : les CHRU de Nancy, Bordeaux et Lille, l’Association lorraine pour le traitement de l’insuffisance rénale ainsi que l’Association pour l’utilisation du rein artificiel à domicile en Aquitaine. 634 patients ont été inclus (233 stades précoces, 153 dialysés et 248 transplantés) dont 314 dans le groupe Télémédecine et 320 dans le groupe Contrôle. 87 % d’entre eux ont terminé l’étude. La durée moyenne de suivi avec le dispositif de télémédecine eNephro de Pharmagest était de 15 mois pour chaque patient, quel que soit le groupe. Les critères de jugement principaux dépendaient de la sévérité de la maladie. Il s’agissait pour les stades précoces d’évaluer l’efficience (rapport coût-efficacité) sur les cibles de pression artérielle et de protéinurie, et pour la dialyse hors centre de même que la transplantation, d’apprécier la durée des hospitalisations. Les critères de jugement secondaires concernaient l’observance thérapeutique, la qualité de vie, l’état d’anxiété-dépression ou encore l’acceptabilité du système. L’analyse médico-économique a été conduite par l’Institut Mines-Télécom de Brest sur les données du Système national d’information interrégimes de l’assurance maladie (Sniiram), au moyen d’un appariement probabiliste. Le point de vue de l’assurance maladie a été analysé.

Que dit l’étude ? Concernant les critères de jugement principaux, il n’apparaît aucune différence significative entre le groupe de télésuivi et le groupe de contrôle. Néanmoins, pour la population transplantée, il existe une tendance en faveur de la télésurveillance avec une réduction de la durée cumulée des hospitalisations non programmées (9,8 à 10 jours vs 11 à 12 jours). On enregistre également pour cette population en télésuivi une diminution significative du nombre des consultations néphrologiques et des hospitalisations non programmées. Pour la population au « stade précoce », il ressort une amélioration de la qualité de vie pour l’item « effet de la maladie ». L’acceptabilité, mesurée par la méthode Sutaq, est bonne, quel que soit le stade. 89 % des patients pensent, par exemple, qu’eNephro est un bon complément de leur prise en charge habituelle.

Qu’en est-il au niveau médico-économique ? Il apparaît une diminution des coûts de santé pour les patients transplantés télésuivis de 8 938 euros, soit une réduction de l’ordre de 17 % des coûts par patient et par an.

Les résultats de cette étude eChronic/eNephro sont donc encourageants en matière d’efficience de la télésurveillance, notamment chez les patients transplantés rénaux avec un coût technologique abordable.

Plus d'informations sur les résultats de l’étude eNephro
https://esante.pharmagest.com/blog/infographie-resultat-de-letude-enephro-solution-de-telemedecine-pour-les-patients-insuffisants-renaux-chroniques/ 

dialyse, télésurveillance, patient, télémédecine