Vous êtes dans : Accueil > Actualités > E-Santé >

La télésurveillance comme levier d’amélioration des soins

DSIH, Damien Dubois, MARDI 12 JANVIER 2021 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Fin décembre, la Haute Autorité de santé a publié une revue de la littérature montrant que la télésurveillance peut améliorer l’organisation des soins et leur efficience.

La Haute Autorité de santé (HAS) a diffusé le 30 décembre, sur son site Internet, une Évaluation économique de la télésurveillance pour éclairer la décision publique, destinée à répertorier « les choix efficients au regard de l’analyse de la littérature ».
Dans le contexte du déploiement de l’usage de la télémédecine et de ses différentes applications, la HAS a actualisé l’état des lieux de la littérature internationale concernant l’efficience de la télémédecine publié en 2013, en limitant la recherche documentaire au cas de la télésurveillance médicale. Selon la Haute Autorité, « la télésurveillance peut être considérée comme un levier d’action permettant d’améliorer l’organisation des soins et de diminuer les dépenses de prise en charge ».

Quatre pathologies plus particulièrement explorées

Une revue systématique de la littérature scientifique ayant évalué l’impact médico-économique de la télésurveillance médicale a été réalisée sur la période allant de janvier 2013 à mai 2020. 61 études ont ainsi été analysées, dont une française, par 19 experts, répartis en deux groupes de travail. L’un d’entre eux a procédé à l’expertise méthodologique des analyses conduites et le second, dont les membres ont été sélectionnés pour leur expertise ciblée de terrain au regard des expérimentations de télésurveillance auxquelles ils ont contribué, a rendu compte des freins et des leviers du déploiement de la télésurveillance en France.
L’avis des experts concernait la portée des résultats des études et se basait également sur des éléments complémentaires, hors littérature, au regard du contexte français. Les experts ont d’ailleurs souligné la progression de la qualité méthodologique des évaluations économiques depuis la revue de la littérature de 2013.
Les programmes de suivi de quatre pathologies ont été particulièrement mis en avant, à commencer par les affections cardiaques, spécialité médicale la plus représentée, les maladies pulmonaires, la santé mentale et le diabète.

Bénéfices de la télésurveillance 

Selon cette revue de la littérature, les résultats des analyses coût-utilité et coût-efficacité ont montré une tendance positive de la télésurveillance en termes d’efficience par rapport au suivi habituel. Les informations disponibles ont en effet établi l’amélioration de la coordination des soins dans le cadre de l’usage d’un outil numérique. Les caractéristiques de ces outils peuvent être hétérogènes en fonction des objectifs de la télésurveillance, du rôle primordial des acteurs, y compris des patients, des changements organisationnels induits et des enjeux liés à la gestion des données.
Ainsi, les conclusions de la majorité des études, portant sur une diversité de patients et des solutions techniques, des organisations ou des contextes de déploiement différents, mettent en évidence un faisceau d’arguments en faveur de l’efficience de la télésurveillance.

Limites de la revue

Cependant, cette analyse ne permet pas de classifier les pratiques de télésurveillance identifiées comme efficientes ni d’apporter des informations précises sur le contexte de déploiement de la télésurveillance et les conditions de sa mise en œuvre, en particulier en termes de facteurs de réussite ou d’échec. La HAS considère néanmoins que la généralisation de ces résultats peut être envisagée. De plus, elle souligne la nécessité de faire preuve de prudence dans l’interprétation des résultats des études menées dans d’autres pays, leur transposabilité et leur utilisation dans un contexte d’aide à la décision.
Enfin, la HAS précise que l’échantillon de publications retenu ne reflète pas la diversité des projets de télésurveillance existant en France.

Les points de vigilance

La HAS insiste également sur quelques éléments soulevés par les experts, à commencer par la nécessité de répondre à une volonté d’échange et de modifier les comportements, qui implique d’aider les utilisateurs à mieux travailler ensemble. Elle souligne l’importance de tenir compte des aspects éthiques de la numérisation du secteur de la santé, de la gestion des données de santé et des changements organisationnels induits pour le patient et dans les pratiques professionnelles. Ainsi, le modèle économique favorable à ces évolutions doit prendre en considération non seulement la solution technique, mais aussi les changements de pratique des acteurs impactés.

télésurveillance, haute autorité de santé, has, pathologies, télémédecine