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Le paradoxe du dossier personnel de santé

DSIH, LUNDI 15 AVRIL 2013 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Relation patient-médecin : c’est l’interaction par messagerie qui compte, pas le dossier du patient.

 


Le système de santé des Veterans, aux Etats-Unis, et son usage des technologies sont toujours aussi intéressants à observer. Une étude récemment publiée par Kim Nazi[1], du bureau des systèmes d’information de la Veterans Health Administration nous en offre une nouvelle illustration.

 

L’auteur a cherché à comprendre pourquoi l’adoption des dossiers personnels de santé reste toujours aussi faible, dix ans après leur lancement, en dépit de l’intérêt affiché par les patients et des bénéfices attendus de leur « empowerment », c'est-à-dire de leur responsabilisation en matière de gestion de leur santé. C’est ce que Kim Nazi appelle le « paradoxe du dossier personnel de santé ».

 

Un Américain sur dix utiliserait aujourd’hui un dossier de ce type, ou Personal Health Record (PHR). Le taux atteint un sur cinq chez les Veterans, qui se sont vus offrir l’accès au portail My HealtheVet dès 2003.

 

Parmi les principales observations de son étude, Kim Nazi relève l’importance de l’interaction entre patients et professionnels de santé. Le développement d’une messagerie sécurisée, ouverte début 2011, a joué sur l’intérêt porté par les patients aux solutions électroniques mises à leur disposition. Mais elle a surtout eu un impact sensible sur la perception des bénéfices d’une telle communication par les professionnels de santé. Ils considèrent que ces échanges électroniques asynchrones ont un effet positif sur la relation de confiance et contribuent à améliorer la compréhension de son traitement par le patient qui a, par exemple, toute latitude à poser une question entre deux consultations. Ils notent également qu’un échange de messages avant un rendez-vous améliore la qualité de cette consultation.

 

La clé du succès de la messagerie patient-médecin tient au fait qu’elle a été conçue de manière intégrée au système d’information clinique existant, souligne l’étude ; alors que le PHR en est déconnecté, réservé aux patients et relativement méconnu des professionnels. Son auteur conclut que l’efficacité des PHR repose sur leur combinaison avec des outils de messagerie ; ce que d’autres publications ont d’ailleurs commencé à démontrer.

D.L.



[1] The Personal Health Record Paradox, Journal of Medical Internet Research, http://www.jmir.org/2013/4/e70/

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