Vous êtes dans : Accueil > Actualités > E-Santé >

La CAHPP s'interroge sur le coût du dispositif PHARE au regard des faibles gains d'économies. (Communiqué)

DSIH, LUNDI 17 FéVRIER 2014 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Dans la droite ligne des recommandations de la Cour des comptes, la CAHPP s’interroge sur le coût du programme PHARE (Performance hospitalière pour des achats responsables) tel que déployé et porté aujourd’hui par Alliance-Groupements au regard des gains d’économies annoncés.

 

Les objectifs annoncés prévoyaient 90 millions d'euros d'économie en 2013 et 125 millions en 2014, hors seuls 40 millions d'économies ont été réalisés en 2013, c'est donc moins de la moitié ! Le dispositif est d'une part appuyé par l'État et, d'autre part, financé par les établissements eux-mêmes. Au global, quelles sont les vraies économies réellement faites ?

« Forcer la marche des établissements publics dans l'optimisation de leurs achats grâce au projet PHARE était une excellente décision de la DGOS, mais le réseau Alliance-Groupements a dans ses méthodes et process un train de retard. Que de temps perdu, de tâtonnements inutiles, et de réinvention, en moins bien, de l'existant, qui privent les établissements, et le budget de la santé, d'économies précieuses. Il aurait été plus efficace d'utiliser les organisations qui ont fait leur preuve au lieu de leur imposer un nouvel acteur subventionné par l'Etat et selon une concurrence déloyale », déclare Yvon Bertel Venezia, PDG de la CAHPP.

 

Les établissements de santé achètent en France pour environ 18 milliards d'euros. Il s'agit d'un levier économique majeur.

 

La négociation au volume sur laquelle s'appuie PHARE atteint très vite ses limites (en une année les économies réalisées ont déjà chuté de 58 à 40 millions d'euros) et ne permet ensuite de réaliser que de faibles voire très faibles économies. En revanche, les conseils et l'accompagnement d'acheteurs professionnels, dont ne bénéficie pas le projet PHARE, pour identifier le produit ou le service juste et adapté, permettent de réaliser des économies très substantielles.

 

Ainsi, par exemple, la CAHPP obtenait récemment jusqu'à 50 % d'économie sur les gaz médicaux, ou permettait un gain de 2 millions d'euros sur la téléphonie qui correspondent à 34 % d'économie. Ou encore pour un seul établissement, 30 % sur la pharmacie, pour un autre 19 % sur la restauration, représentant une économie annuelle de 79 000 euros. A l'heure où les attentes d'économies sont fortes sur les médicaments, la CAHPP intègre immédiatement dans son catalogue les nouvelles molécules génériquées dès leur sortie sur le marché. Les experts de la CAHPP sont informés des pratiques de milliers d'utilisateurs, des innovations permanentes du marché, des recommandations des sociétés savantes, ils sont exigeants sur le référencement de leurs produits ou services dans leur catalogue.

 

« Les pouvoirs publics font un mauvais calcul d'une part en multipliant les centrales d'achat, car cela fait le jeu du marché et d'autre part en créant une concurrence déloyale entre les centrales d'achat en privilégiant la moins efficace ! Attention, si les économies peuvent être substantielles au départ, une optimisation pérenne des achats requiert un accompagnement et des conseils d'expert. Un achat juste a davantage de valeur pour l'entreprise qu'un achat au meilleur prix. Cette vision managériale globale requiert une expertise de terrain qui ne s'improvise pas » complète Yvon Bertel Venezia.

 

La CAHPP depuis 40 ans est rompu aux négociations et aux achats et a développé de nombreux process et outils qui ont fait leur preuve auprès de ses 3 300 établissements adhérents (publics, privés, privés à but lucratif, établissements de la Croix rouge, médicosociaux). La CAHPP est une « coopérative » qui appartient à ses adhérents actionnaires. Elle réalise un volume annuel de 4 milliards d'euros de transaction, avec 87 000 produits référencés.

Des dés pipés dès le départ. Pour rappel, la CAHPP déposait fin 2012 un recours en contestation de la validité du contrat conclu entre la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins) et le Résa-IDF (Réseau des acheteurs hospitaliers d’Ile-de-France) au motif du non respect de la DGOS du Code des marchés publics qui indique que toute centrale de référencement doit être sélectionnée à l’issue d’une procédure de marché public. Le recours est toujours en cours.

La volonté de la CAHPP est d'oeuvrer dans une logique de saine concurrence entre les acteurs qui, seule, garantit un accompagnement optimal des établissements de santé.

phare, phare, hospitalière, dgos, établissements de santé