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Les bretelles de la ceinture

Cédric Cartau, LUNDI 16 FéVRIER 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Quand un ambulancier transporte un patient d'un site à un autre, il est possible qu'un de ses pneus crève. En tout cas cela n’est pas une hypothèse à exclure. 

Dans ce cas, l’ambulancier doit être en mesure de changer une roue de secours, ou bien d'appeler la régulation des transports de son établissement pour trouver une autre ambulance. En clair, le service transport – celui qui gère le parc de véhicules - ne met pas à disposition de roue de secours pour les gens qui ne sauraient pas changer leur roue de secours. Ce serait d'ailleurs inutile, car il se trouverait bien un ou deux ambulanciers ne sachant ni utiliser la roue de secours, ni la roue de secours de la roue de secours.

J'engage les responsables des garages, qui gèrent le parc de véhicules, à bien mettre leurs utilisateurs ou clients internes - le service de brancardage - face à leur responsabilité de MOA sur ce sujet : tous les outils ont des limites d’utilisation, que l’on parle de panne ou de dysfonctionnement plus pernicieux, et ne pas en tenir compte dans l’exécution de ses missions est à la fois contraire aux bonnes pratique et dangereux. Je vois d’ici le service transport qui chercherait à se défausser sur les garages internes parce qu’un patient est mort dans l’ambulance au motif que le conducteur n’a pas trouvé le cric pour changer la roue. Je vois d’ici aussi chercher par tous les moyens à impliquer le concessionnaire qui a vendu le véhicule, voire le sous-traitant responsable de l’agencement interne de la voiture et de la position du cric, voire sa belle-mère ou que sais-je.

Il est très important pour un service support interne de bien être clair avec ses clients sur la limite d’usage des outils qu’il fournit, et la limite de prestation de ce même service support en cas de panne des outils susnommés. Il appartient en tout état de cause à un utilisateur de connaitre lui-même ses limites, sans quoi sa responsabilité ne saurait être dégagée.

En fait, je dis cela car sinon un jour - qui sait - peut-être que l'on demandera à tous les services support - biomed, DSI, etc. - de mettre en place des procédures dégradées techniques, puis des procédures dégradées aux procédures dégradées, etc. etc. etc. Comme par exemple – mais c’est impensable je le sais – un système de mot de passe pour accéder aux PC, mais aussi un système dégradé en cas d’oubli par l’utilisateur de son mot de passe, puis un second système dégradé en cas d’oubli par l’utilisateur du fonctionnement du premier système.

dsi, patient