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Prête-moi ton dossier médical

Cédric Cartau, LUNDI 01 SEPTEMBRE 2014 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Nous l'apprenons dans un communiqué d'un groupe hospitalier opérant sur le territoire américain (206 établissements répartis dans 29 états), des cyber attaques visent maintenant les données médicales des patients d'établissements publics ou privés.

Déjà en 2014, plus de 150 incidents sont à ce jour recensés outre-Atlantique. Qu'il s'agisse de tentative d'accès, de vols de données administratives (nom, prénom, numéro d'assurance maladie, etc.) ou de dossiers médicaux complets, il semblerait que certains trouvent intérêt à engager des moyens pour dérober ce type de données.

Deux motivations principales à cela. Tout d'abord comme chacun sait, aux Etats-Unis les soins sont payants et toute personne ne disposant pas d'une assurance privée en est de sa poche dès lors qu'elle franchit le seuil d'un établissement de santé. L'usurpation d'identité – le fait de se faire passer pour un autre en présentant des documents falsifiés mais basés sur des données réelles – est donc un moyen de ne pas payer les soins, en les faisant imputer au véritable individu, qui bien entendu n'est pas au courant de l'astuce, tout du moins pendant un laps de temps court. Ensuite, certaines données valent cher pour certains : les compagnies d'assurance, qui souhaiteraient baser le tarif des cotisations sur des informations auxquelles elles n’ont pas accès ou que les futurs assurés ne souhaitent pas communiquer : infections, dépendance à des drogues, antécédents familiaux, etc.

On peut citer également l'intérêt plus que nauséabond d'une certaine presse pour les données médicales des VIP – on se souvient ces derniers mois de l'affaire de la fuite du dossier médical d'un coureur automobile célèbre.

Le communiqué impute bien entendu l'attaque ci-dessus à des hackers chinois – comme de bien entendu, les seuls à espionner le reste de la planète, les américains ont décidément toujours eu besoin d'un méchant depuis la chute de l'URSSS. En France, nul communiqué des autorités nationales sur ce sujet. Lorsque l'on sait que renseigner le nom d'un médecin dans Google amène l'internaute vers des liens de dossiers médicaux nominatifs de patients dans un nombre non négligeable de cas, la stratégie qui semble être d'actualité dans ce pays depuis la ligne Maginot est celle de l'autruche.

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