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Loi de santé 2015 : à faire avant tout le reste

Cédric Cartau, LUNDI 29 JUIN 2015 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Cette semaine, lors d’une formation j’ai pu rencontrer des confrères hospitaliers qui officient dans un tout autre domaine que le mien : finances, contrôle de gestion, plan de retour à l’équilibre, EPRD, etc. La discussion a progressivement dérivé vers les moyens des établissements, leurs déficits et les causes structurelles et conjoncturelles de ces déficits.

Le point positif est que tout le monde était à peu près d’accord sur l’état proprement hallucinant de la gabegie des moyens financiers : 1000 hôpitaux et autant de DRH, de DSI, de DAF. Avant de se plaindre du manque de moyens, il faudrait commencer par rationaliser ceux dont on dispose déjà et compte tenu de l’ingérence du politique dans les affaires des établissements et de certaines autres convictions à tous les étages de la pyramide, c’est loin d’être gagné.

Mais ce qui désole le plus, dans le domaine SI, c’est d’entendre qu’un établissement ayant une activité MCO a récemment fait le choix d’un logiciel de Dossier Patient inverse de celui d’un autre établissement de même typologie, de même taille et situé dans le même département. Lorsque l’on comprend que la clé de la mutualisation des SIH passera, à terme, par le choix de logiciels identiques, on mesure à quel point cela hypothèque l’avenir.

La durée de vie moyenne d’un logiciel de Dossier Patient varie entre 10 et 15 années : il y a donc, au pire, un logiciel sur 15 qui est renouvelé chaque année. Il est absolument essentiel de profiter de ces renouvellements pour homogénéiser les logiciels sur un territoire : que l’on parle ou pas de GHT, la prise en charge coordonnée des patients sur un territoire (la gestion des filières de soins) passera forcément par des choix logiciels communs.

Les pouvoirs publics doivent bloquer ces inepties sauf à admettre de laisser une dette technique aux successeurs dans ces établissements. Il ne faudra pas venir se plaindre en 2020 en cas de constat d’échec dans la convergence des SI préconisée par la loi de santé 2015 : la convergence, cela se prépare sur la durée.

 

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