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Le modèle INFRAM pour évaluer les infrastructures réseaux

Frédéric Aguilar, Extreme Networks, LUNDI 07 DéCEMBRE 2020 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Pour faire face aux changements juridiques, aux demandes des consommateurs et à d'autres facteurs, le secteur de la santé parie, lui aussi, sur la transformation numérique, et de nombreux organismes de santé envisagent d'investir dans des infrastructures informatiques pour soutenir les nouvelles technologies.

Toutefois, nombre de ces organisations sont confrontées à des défis importants en matière de maintenance et de mise à niveau de leur infrastructure informatique, car elles ont traditionnellement adopté une stratégie "legacy” pour gérer ou renouveler les infrastructures réseau existantes. En effet, elles ont souvent tendance à répondre aux problèmes et aux besoins d'aujourd'hui en utilisant la même approche architecturale qu'il y a 20 ans. Dans un contexte économique et social en pleine mutation, agir de la même manière qu'auparavant ajoute des couches de complexité au réseau qui entravent l'innovation. Cette approche fait prendre du retard à de nombreuses organisations ayant déjà entamé leur transformation numérique.

Parce que le réseau hospitalier est essentiel à l'adoption de nouvelles technologies qui soutiennent mieux les processus cliniques et commerciaux, de la téléphonie aux applications complètes de la chaîne d'approvisionnement, un nombre croissant d'organismes de soins de santé fait des investissements stratégiques dans les technologies réseau pour soutenir ces initiatives. Cependant, de nombreux organismes de santé n'ont pas la capacité d'évaluer avec précision ce que leurs anciennes infrastructures de réseau peuvent et ne peuvent pas faire. Avec des réseaux anciens aussi complexes, et souvent peu fiables, il peut être difficile pour les organisations de soins de santé de savoir comment mettre à jour efficacement leur infrastructure pour supporter les plates-formes informatiques existantes, sans parler des nouvelles technologies qu'elles souhaitent mettre place.

La mise en œuvre des systèmes de dossier médical électronique (DME) en est un exemple clair. De nombreux services de santé ont investi massivement dans la numérisation des dossiers médicaux, mais ne sont aujourd’hui pas en mesure de tirer pleinement parti du système en raison de problèmes liés au réseau. En analysant où se situe le problème, les responsables informatiques se rendent compte que les systèmes de DME modernes nécessitent une interaction avec des scanners mobiles ou d'autres systèmes sans fil. Cependant, lors de leur mise en œuvre, personne n'a pensé à vérifier s'il y avait une couverture Wi-Fi de qualité sur tout le campus de l'hôpital, et si elle était capable de supporter le trafic des nouveaux appareils.

INFRAM : un modèle d'évaluation des infrastructures de réseau

Dans ce contexte, le service national de santé publique britannique (HIMSS) a décidé de développer un modèle d'analyse pour évaluer l'état du réseau de ses centres et services, afin de savoir dans quelle mesure cette infrastructure est capable de supporter de nouvelles applications et de nouveaux services. Ce modèle a dépuis été adopté par les fournisseurs et les intégrateurs de technologies et fait partie de leur portefeuille de services.

Le modèle d’adoption de l’infrastructure (INFRAM) est un excellent outil d'évaluation qui soutient les responsables des services de santé dans l’analyse des capacités de leurs infrastructures en s’appuyant sur des tests et des normes reconnus. Il s'agit d'un protocole d'analyse en sept étapes permettant d’identifier et de définir les capacités de chaque partie de l'infrastructure du réseau, mais aussi d’obtenir les informations nécessaires à l'élaboration d'un projet d'expansion ou de rénovation, visant à préparer le réseau à répondre aux besoins cliniques tant actuels que futurs. Une fois que l'ensemble du processus de test défini dans INFRAM est terminé, les organismes de santé peuvent adopter une stratégie beaucoup plus proactive, à la fois pour comprendre quels sont leurs besoins et pour établir les priorités de leurs futurs projets informatiques.

Tout d’abord, le modèle analyse le réseau depuis les couches de l'infrastructure jusqu'aux couches de services réseau avancés. La deuxième étape consiste à analyser la présence de capacités redondantes ou à déterminer s'il est possible de concevoir et de planifier une politique à l'échelle du réseau. Les étapes suivantes du processus analysent des paramètres tels que les performances du VLAN, la garantie de la qualité de service pour la gestion de la vidéo et de la multidiffusion, la disponibilité de services de messagerie basés sur la localisation, la capacité du réseau à prendre en charge l'IoT, etc. Dans la dernière étape, des paramètres tels que la prise en charge des services avancés pour le patient, l'automatisation du contrôle d'accès ou les outils permettant de garantir la conformité sont analysés. Toutes ces étapes sont cumulatives, c'est-à-dire que chaque étape comprend l'analyse des paramètres de l'étape précédente. 

Les capacités de l'infrastructure des différents organismes de soins de santé varient considérablement. Par exemple, de nombreux hôpitaux, en particulier les petits et moyens, disposent souvent d'infrastructures de réseau câblé très anciennes qui fonctionnent depuis des années. Ces installations ont souvent de nombreux problèmes de connectivité, sans fiabilité, résilience et redondance. Dans ces cas, certains problèmes arrivent en raison de la manière dont les dispositifs de réseau ont été incorporés pour répondre aux besoins. La connectivité sans fil est également souvent irrégulière, en particulier lorsque l'utilisateur se déplace entre les bâtiments. Tout devient très vite sans fil, il faut donc disposer d'une couverture Wi-Fi suffisante pour prendre en charge toutes les applications, sans que le réseau ne tombe en panne.

De nombreuses organisations ne savent pas si leur réseau est prêt à prendre en charge certaines applications, ce qui est essentiel pour un déploiement réussi. Sans la maîtrise des fondamentaux posés par le modèle INFRAM, des limites apparaîtront lorsque l'on tentera de mettre en œuvre des projets basés sur les nouvelles technologies, il y aura des échecs et beaucoup d'argent dépensé pour rien. Il est important de pouvoir faire cette évaluation avant de lancer un grand projet informatique et de voir si l'infrastructure est capable de le supporter.

En bref, l'utilisation d'un modèle d'évaluation tel qu'INFRAM permet de savoir quelles améliorations ou extensions du réseau sont nécessaires pour un projet donné. Ainsi, les responsables informatiques peuvent se poser des questions telles que : cette rénovation est-elle nécessaire ? Disposons-nous des ressources humaines et budgétaires nécessaires pour la mettre en œuvre ? Devons-nous reporter le projet de 6 ou 12 mois afin d’obtenir plus de bande passante et d’installer plus de câbles ? En fin de compte, le modèle INFRAM aide les organisations à valider la réussite de leurs initiatives de transformation numérique, à justifier les investissements dans les domaines où ils sont vraiment nécessaires et à tester si le réseau est capable de soutenir l'objectif premier : fournir des soins de la plus haute qualité aux patients. 

Par Frédéric Aguilar, Directeur Technique France - Extreme Networks

En savoir plus : https://fr.extremenetworks.com/sl_solutions/healthcare/

 

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