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Hacker le cerveau : la menace ultime ?

DSIH, D.L, LUNDI 13 OCTOBRE 2014 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Laurent Alexandre était invité à alerter les responsables de la sécurité des systèmes d’information réunis pour les dernières Assises de Monaco(1), début octobre, sur les dangers d’un monde dans lequel neurosciences et IT ont commencé à fusionner. Chirurgien urologue, mais aussi énarque… et créateur d’entreprises, Laurent Alexandre s’est fait connaître au cours de la première décennie de ce siècle pour avoir lancé, puis revendu, Doctissimo.

Aujourd’hui, il préside la société belge Dna Vision, spécialisée dans le séquençage et l’interprétation de l’ADN. Mais il a, surtout, depuis un an, endossé l’habit du prophète pour nous mettre en garde, de tribunes dans les média en plateaux télé et en passant par les congrès les plus prestigieux, sur les dérives potentielles du neuro-business et la domination que sont en passe d’exercer les GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple).

Fil rouge de sa démonstration : nous ne sommes pas si loin de disposer des outils permettant de hacker le cerveau, en tout cas de commencer par savoir le lire, si ce n’est de le manipuler. Le développement rapide des technologies NBIC (2) montre que le continuum est en train de s’établir entre le cerveau biologique, l’intelligence artificielle, l’IT et les neurosciences. « La guerre des cerveaux a commencé, avertit Laurent Alexandre. Les GAFA, et surtout Google, mènent la danse. »

« La neurosécurité va devenir le premier des droits de l’homme », prédit alors le chirurgien à l’attention des responsables sécurité. « Qui aurait dit, il y a 15 ans, que les professionnels de l’IT allaient être au cœur des enjeux éthiques et neuropolitiques les plus fondamentaux de la société du 21e siècle ? ». Il expose – brillamment – les visées de la Silicon Valley en la matière, et son objectif premier de tuer la mort (3). Il insiste sur les investissements réalisés par Google et le projet « démiurgique » de ses dirigeants : « le vrai territoire de Google, c’est notre cerveau ». Une analyse qui tendrait en tout cas à prouver qu’il y a là une « urgence éthique » (selon les termes qu’il emploie d’ailleurs dans une tribune publiée par Le Monde en mars dernier : La futurologie médicale est une urgence éthique).

(1)   http://www.les-assises-de-la-securite.com/las/Accueil/Conferences/tabid/3009/language/en-US/Default.aspx

La conférence a été enregistrée : https://www.youtube.com/watch?v=ck_vIzMKwb8 

(2)   Désigne la convergence entre les nanotechnologies, la biologie, l'informatique et les sciences cognitives

(3)   Qui a d’ailleurs inspiré le titre de son livre « La mort de la mort », 2011

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