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Compétences nécessaires à la mise en place du volet SI d’un GHT

Michaël De Block , LUNDI 30 JANVIER 2017 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

               

Je me souviens d’avoir souvent entendu que le concept de GHT était « une nouvelle arlésienne » et ne verrait jamais le jour. Je me souviens également de la feuille de route de « nettoyeur », fixée par mon DG il y a dix ans, pour externaliser le service informatique, « constitué d’incompétents trop bien payés pour le service rendu », dixit le même DG.

Je gère aujourd’hui un service informatique territorial d’une trentaine de personnes, qui assure la maintenance et l’évolution des SI de 18 établissements sanitaires et médico-sociaux sur un bassin de 7 000 kilomètres carrés.

C’est pour revenir sur cette expérience et le contraste saisissant entre préjugés et actions de terrain que j’ai accepté de témoigner chaque mois dans DSIH et pour expliquer comment un service informatique hospitalier, a priori moribond et voué à disparaître, s’est progressivement étendu sur l’ensemble d’un territoire tout en permettant de tisser des liens entre des établissements publics et privés ainsi que des professionnels de santé hospitaliers et libéraux.

Dans les différents sujets proposés, nulle volonté de donner des leçons (chaque territoire est différent et a sa propre histoire), mais le souci de présenter une vision stratégique qui a porté ses fruits, à la fois pour amener d’autres DSI à témoigner, mais aussi pour susciter les échanges et donner des arguments aux collègues qui avancent dans un contexte économique tendu et avec souvent le sentiment de ne pas être reconnus.

Aujourd’hui, j’ai décidé d’évoquer les compétences nécessaires à la mise en place d’un GHT. Car figurez-vous que 99 % des « ressources incompétentes » auxquelles faisait allusion mon DG il y a dix ans sont encore à mes côtés actuellement (le 1 % restant correspondant aux départs à la retraite).

Comment réussir à tirer le meilleur parti de ses collaborateurs ? Par l’organisation, bien évidemment (nous aborderons en février la manière de créer un service informatique territorial), et surtout par la formation professionnelle.

Connaître les forces et les faiblesses, mais aussi les aspirations de ses collaborateurs permet de passer un contrat moral avec eux et de leur donner les moyens d’approfondir leurs compétences. Untel a une expérience de développeur et souhaite poursuivre dans cette voie : on l’orientera vers l’apprentissage de technologies adaptées aux besoins du GHT. Un autre éprouve une prédilection pour le réseau : on lui fera suivre un cursus de certification réseau, etc.

Mais chacun n’a pas forcément la chance de compter des techniciens de haut niveau dans son équipe. Et si vous deviez recourir à la sous-traitance, un profil ne peut, selon moi, être externalisé : le chef de projets informatiques hospitaliers (CPIH), clé de voûte de la dynamique de votre SIH qui devient progressivement SIS.

Mes fonctions de chef de projet, d’abord pour des sociétés de services à la fin des années 1990, puis pour des hôpitaux au début des années 2000, m’ont souvent amené à m’interroger sur la formation nécessaire à l’épanouissement de ce profil à la fois hybride et multipotentiel, qui doit comprendre les professionnels de santé autant que les contraintes techniques tout en maintenant la dynamique de projets qui peuvent durer six, douze mois ou davantage…

J’ai souhaité revenir à mes racines d’ingénieur biomédical UTC et proposer à sa petite sœur troyenne, l’UTT, la création d’un diplôme universitaire Systèmes d’information et logistique hospitaliers (Silh) permettant de donner à des informaticiens de bon niveau les connaissances hospitalières et logistiques indispensables, mais aussi aux anciens soignants, secrétaires médicales, référents Qualité ou autres techniciens de l’information médicale les connaissances techniques et réglementaires nécessaires et suffisantes pour devenir CPIH juniors (réinsertion professionnelle), seniors (validation des acquis), chefs d’équipes ou responsables informatiques (prise de responsabilité) au service du GHT.

Mon territoire en a bénéficié (déjà huit personnes formées et certifiées via les deux premières promotions du DU Silh*), mais aussi d’autres GHT en métropole et outre-mer, puisqu’une vingtaine de CPIH labellisés DU Silh UTT exercent aujourd’hui au service de l’e-santé.

Si vous avez pris le temps de consulter ce premier article, n’hésitez pas à réagir et à donner votre point de vue. Pour ma part, je vous invite dans un mois à un nouveau partage d’expérience !

Bonne continuation et bon courage à toutes et à tous.

* Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter : http://exed.utt.fr/fr/formations-courtes-professionnalisantes/diplome-universitaire/diplome-universitaire-systemes-d-information-et-logistiques-hospitaliers.html

L'auteur 
Michael De Block Michaël De Block est directeur de l’information numérique des Hôpitaux de Champagne Sud et administrateur du groupement de coopération sanitaire Santé Numérique, GCS de moyens informatiques du GHT de l’Aube et du Sézannais.

hospitaliers, numérique, formation


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