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Numérique en santé : des projets internationaux pour nourrir la réflexion en France

DSIH, Damien Dubois, MARDI 06 OCTOBRE 2020 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Le Snitem présente les premières synthèses du travail du think tank « Numérique, DM et Santé » avec trois exemples pour nourrir la réflexion en France sur l’évaluation par les patients, la transformation du parcours patient et l’efficience du système de santé.

Think-Tank-SNITEMLe think tank « Numérique, DM et Santé » a été créé en 2018 par le Snitem. Il rassemble une dizaine de collaborateurs issus du monde de la santé (représentants de patients, médecins, experts du système de santé et du numérique, dirigeants d’entreprises du dispositif numérique…) qui mènent une réflexion sur les expériences prometteuses ou réussies à l’étranger en termes d’apport des transformations numériques dans le secteur de la santé.
« Nous sommes convaincus que notre pays, déjà performant dans ce domaine, peut tirer des enseignements utiles de l’observation des projets menés à bien hors de ses frontières », précise la préface du rapport établi par le think tank.

Accompagner la transformation et le changement

Les objectifs du groupe de réflexion, pour accompagner la transformation et le changement, sont de mieux comprendre et faire comprendre les apports du numérique en santé, mais aussi d’échanger avec les pouvoirs publics sur les solutions qui pourraient utilement être mises en œuvre en France en s’inspirant de ce qui a pu être fait ailleurs, quitte à les adapter et à les améliorer. Après 18 mois de travail, le Snitem présente ses « Synthèses n° 1 » composées de pistes concrètes pour poursuivre la digitalisation de notre système de santé. En partant de certains objectifs du plan Ma santé 2022, le think tank a identifié des exemples et des solutions numériques développées et expérimentées dans d’autres pays qui pourraient y répondre.

Les réflexions du groupe se sont étendues sur trois thèmes :
– Évaluation des soins par les patients : utiliser les DM connectés pour lancer l’expérimentation sur la base des indicateurs de qualité patients (Prem et Prom) ;
– Transformation du parcours patient : accès, organisation et suivi augmentés par le numérique, avec comme enjeu de réfléchir à la façon dont les applis numériques vont aider les acteurs dans le parcours de soins ;
– Efficience du système de santé : le numérique comme outil de supervision et de pilotage avec le support des plateformes de partage.

Transformation du parcours patient

Les solutions numériques peuvent être des leviers de la transformation des parcours de soins et des flux de patients, dans les établissements de santé comme en ville. Le cadre réglementaire et les circuits de financement peuvent être considérés comme des freins. Ce premier groupe a observé des solutions déployées dans d’autres pays pour transformer et améliorer l’expérience des patients et des soignants autour du parcours de soins ainsi que de l’accès aux soins primaires, en particulier en Grande-Bretagne, avec Lumeon qui permet le suivi du patient en temps réel avant, pendant et après l’hospitalisation, et Babylon Health qui utilise un chatbot pour faciliter l’accès aux soins de premier recours.

Le Snitem veut ainsi encourager la maturité des acteurs de santé lors de la crise de la Covid-19 face aux outils numériques et la nécessaire réorganisation qu’ils accompagnent. Pour garantir le cadre favorable au développement du numérique, le think tank propose ainsi :

  • La mise en place de politiques d’acculturation des décideurs face à l’importance et à l’impact de ces solutions digitales sur les soins, l’expérience patient et les résultats cliniques et médico-économiques ;
  • Des campagnes de formation des utilisateurs (médecins, soignants, mais aussi patients) à l’utilisation des nouvelles technologies en santé ;
  • Des programmes d’accompagnement des équipes de terrain à l’intégration de ces nouveaux outils dans leurs pratiques et protocoles ;
  • Des propositions de modèles économiques viables et soutenables pour les établissements de santé ;
  • La possibilité de rendre fongibles les enveloppes de ville et les enveloppes hospitalières ;
  • L’introduction d’une culture du retour sur investissement (ROI) ;
  • La consolidation du cadre de confiance autour de l’usage de la donnée de santé.

L’évaluation par les patients

La question des indicateurs de qualité des soins relève bien sûr de la qualité de soins, mais aussi de la pertinence et de l’optimisation des budgets ainsi que de l’amélioration de l’organisation du système. L’objectif de ce deuxième groupe est de faire en sorte que le patient, bénéficiaire du système de santé, soit pleinement associé au processus d’évaluation tout en donnant à ces indicateurs du sens pour le professionnel.
Les membres ont suivi la piste du Patient-Reported Outcome Measures (Prom), facilitées par les dispositifs médicaux connectés, en se basant notamment sur le travail de l’International Consortium for Health Outcomes Measurement (Ichom) à propos des Prom et de leurs applications en Suède et aux Pays-Bas. Le think tank propose ainsi de mener une expérimentation sur l’apnée du sommeil. Selon lui, pour adopter les Prom, il faut démarrer par un déploiement dans des domaines plus faciles à évaluer avant de l’étendre à des sujets plus complexes. Dans le cas de l’apnée du sommeil, l’écosystème apparaît plutôt favorable avec une corrélation dose-réponse simple, un remboursement à la performance déjà en place en France, une infrastructure digitale existante et un panel de 1,2 million de patients traités dont 1 million sont déjà connectés.

Efficience et numérique

Pour les membres du think tank, le numérique en santé peut être un moyen d’accélérer les transformations d’un système de santé en silos et orienté vers le soin par spécialité, d’aider au décloisonnement et d’offrir aux autorités sanitaires les outils de pilotage indispensables.
Ce groupe s’est basé sur l’expérience de l’État de New York qui gère 18 millions de patients actifs sur la plateforme Healthix, sur Coordinate My Care (CMC) qui permet de prendre en compte la volonté des patients londoniens lors des prises en charge urgentes et sur Emram, indicateur de Himss, qui mesure la maturité des acteurs de santé vis-à-vis de l’adoption du dossier médical informatisé.

Dans ce domaine, le Snitem met en avant les atouts de la France et les évolutions récentes : charte « Engagé pour la e-santé », « Convergence », identifiant national de santé (INS), filières de santé, pôles de compétitivité Santé et dispositifs tels que l’article 51. Il identifie cinq prérequis pour garantir la compétitivité française :

  • La formation des futurs professionnels de santé aux usages du numérique ;
  • La formation et le recrutement des ingénieurs et des personnels qui assurent les ressources techniques et fonctionnelles pour pouvoir répondre aux besoins des acteurs de l’écosystème de santé français ;
  • Un programme de sensibilisation pour les usagers du système de santé ;
  • Des ressources financières suffisantes pour accompagner la transformation numérique des structures de santé, publiques et privées ;
  • Une constance dans l’application cohérente et volontaire de la feuille de route pour le numérique afin de maintenir, voire d’intensifier, son application.

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